30.04.2009
aujourd'hui...
...rien.
Pas envie, pas le moral, j'ai pas arrêté depuis début avril.
Repos.
Amplement mérité.
A demain.
21:37 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
29.04.2009
RIP...
... avec un peu voir beaucoup de retard. RIP donc à Segun Damisa mort en 2006 du crabe et fier représentant de l'afrobeat. Et merci à Bilboquet pour la découverte. Grand album du niveau des meilleurs Fela et seul témoignage de l'excellence de ce personnage.
Pour vous faire une idée sur le bonhomme, n'hésitez pas à aller sur cette page :hommagesegun.html
et pour avoir une idée de l'excellence, une petite vidéo :
19:31 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : segun damisa, fela
28.04.2009
Vous souvenez-vous ?
Bon...... tant pis pour vous, j'inaugure une nouvelle rubrique : vous souvenez-vous ? Directement inspiré par la rubrique de l'excellent blog de Titam (allez-y il est très drôle ce blog). Le principe en est simple : vous trouver dès que je le peux une merde des années 80 que vous aviez sûrement oublié. Je sais c'est pervers mais j'ai de bonnes bouses en réserves. Et je crains que le catalogue soit malheureusement inépuisable.
Aujourd'hui je commencerai par un loser même pas magnifique, un Frédéric François tué dans l'oeuf, un chanteur à mémére décédée. Oui le grand, le superbe, l'ineffable, l'inénarrable Jean Jacques Lafon. Son géant de papier est consternant de guimauve, les paroles sont du Barbelivien pur jus, en très grande forme, c'est à dire du grand n'importe quoi, un romantisme de grand-mère, des métaphores minables (et oui je fais mon bilbo). Et la musique, hhhhhhhhhhmmmmmmmmmmmmm !!! une montée en puissance digne du meilleur Godspeed!, des claviers qui ont du inspirer Aphex Twin ou Autechre dans les années 90. Une voix à faire pâlir de jalousie Jeff Buckley (qui me souffle-t-on dans l'oreillette, s'est décidé à se mettre à la chanson après avoir écouté cette bouse superbe morceau). Bref, un CO injustement incompris. Et pour un tel CO il fallait un clip qui soit à la hauteur. Voilà. C'est fait. Ils sont encore plus mauvais que la chanson.Très fort.
10:20 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : jean jacques lafon, années 80
27.04.2009
2001, a country odyssey
en 2001 à l'époque où amnesiac cartonnait, Tiersen faisait un succès mondial avec amélie poulain, sortait dans la plus grande discrétion un petit chef-d'oeuvre de country folk. Je sais la country, c'est Dolly Parton, Emmylou Harris, des barbus, rednecks et autres paysans américains votant Bush. Mais c'est aussi Gram Parsons, Johnny Cash, Hank Williams,dans une certaine mesure Neil Young pour ne citer que les meilleurs. Or donc sortait en 2001 time (the revelator) de Gillian Welch. Pépite country embrassant tout le spectre de la musique américaine allant des influences citées au-dessus jusqu'au trinity sessions des Cowboy Junkies ou au satisfied mind des Walkabouts mais pas que. On compte dans les influences de Welch aussi une certaine Pj Harvey, une Bridget St John et, pourquoi pas, Vashti Bunyann. C'est donc essentiellement un disque américain mais où on aperçoit de belles trouées européennes, surtout anglaises d'ailleurs, qui en font un album assez universel malgré sa forte identité . Les morceaux folks sont d'une grande beauté (Marissa Nadler ferait bien par ailleurs de s'en inspirer), dénudés, réduits la plupart du temps à leur plus simple expression : guitares/voix et sont passionnants ( I dream a highway dernier morceau du disque, malgré ses 15 minutes est une petite pépite que n'aurait pas renier Neil Young, d'une simplicité, d'une beauté minérale, brute, chanson à deux voix se complétant à merveille, il clôt l'album de la plus belle façon qui soit). Ceux country sont sobres, pas de surenchère de pédal-steel, ni de choeurs envahissants, non ça elle le laisse aux caricatures qui ne jurent que par ce genre. La sienne se rapprocherait bien plus d'un Neil Young, d'un Townes Van Zandt, de l'os, de l'essentiel, du blues, de l'âme. La country est un cri qui vient de l'intérieur. Et Gillian Welch le laisse s'échapper de fort belle manière.

Il n'y a qu'à jeter une oreille ci-dessous sur le titre d'introduction qui donne le ton de ce magnifique album du niveau d'un on the beach ou d'un harvest. Perso, j'irais presque jusqu'à dire qu'elle est la réponse féminine la plus probable à Neil Young. Ouah, quelle subversion, quelle impertinence.
16:41 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gillian welch, neil young, walkabouts
26.04.2009
le morceau du jour
Parce que je suis une grosse feignasse qui bosse tout le week-end et qu'il me faut au moins ça pour me lever à 6 heures ce matin et me mettre en train (et que ça permet de pas écrire une grosse note).
09:41 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : james brown
25.04.2009
Bashung est un con...
...doublé d'un sourd.
Ben oui, je sais, c'est de la pure provocation mais c'est pas loin d'être ce que je pense. Franchement, quand on choisit Gaëtan Roussel, compositeur de Louise Attaque (je n'ai rien contre lui bien au contraire), en lieu et place de Dominique A, je le répète et je l'assène : faut être un brin con ou alors complétement bouché à l'émeri. Imaginez bleu pétrole avec Dominique A aux commandes, ça aurait eu de la gueule non ?. Je sais, maintenant ça tient du fantasme. Mais quand on écoute le morceau qu'avait composé le grand Dom' pour tonton Bashung, ça laisse songeur. Immortels est un morceau magnifique avec des paroles superbes rappelant par moments le grand Jacques sur jojo ( et toi qui n'est plus là, c'est comme si tu étais plus immortel que moi, mais je te suis de près). Un morceau émouvant, simple, nu. Du très grand Dominique A en somme. Peut-être trop marqué pour être du Bashung. Mais bon, quand on écoute comme un légo sur son dernier album on sent plus l'empreinte de Manset que celle de Bashung mais il n'empêche que Manset s'est surpassé pour lui offrir un des plus beaux morceaux qu'il ait interprété. En même temps on ne saura jamais ce qu'aurait pu donner la rencontre entre ces deux là, cette passe d'arme, ce passage de relais. Car franchement, passer le relais à Louise Attaque, c'est tout de même moins classe que le passer à Dominique A, peut-être le seul véritable aventurier français post-Bashung et le plus proche de lui dans l'esprit. Reste plus qu'à espérer que Dominique A sorte un jour son gaby ou vertiges de l'amour à lui pour enfin accéder à une reconnaissance publique qui serait amplement méritée. Il a bien failli y arriver avec le twenty-two bar mais comme Monsieur A ne fait rien comme tout le monde, il s'est mis en tête de sortir, après un certain succès commercial, son (meilleur) album le plus noir et le plus impressionnant, remué. Crétin, va.
Enfin , revenons au sujet qui me préoccupe, Bashung est-il si con que ça ? Quand on voit pour qui a écrit Dominique A après ça, on se dit oui trois fois oui !!!!! De dépit, il a offert sa plume à Calogéro. Si c'est pas de la dépression ça , je sais pas comment on pourrait l'expliquer autrement. Trois morceaux tout de même. Aïe. Reviens à toi Dominique, prends du prozac, passe pas à l'étape suivante : Goldman voir Halliday. Allez Dominique, on t'aime, ne lâche pas prise.
19:24 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bashung, con, dominique a, halliday, calogero.
24.04.2009
JC 2...
... le retour mais pas le même. Si Jarvis Cocker a eu la primeure de ma plume acérée, virevoltante sur mon dernier billet musique, qui va être à l'honneur sur celui-ci ?? hein hein ??? Qui va subir mon courroux, ma ire ??
Relativement simple: il s'agit d'un anglais, successeur de Syd Barrett, complétement fêlé, spécialiste du krautrock, tenant un excellent blog.Alors ?? Alors ??Julian Cope donc.Celui-ci a sorti un album, il y a plus de vingt ans, qui devrait se trouver dans les étagères de tout mélomane qui se respecte. Un hymne à la folie, au grand n'importe quoi, un album bien habité, qui suinte l'aliénation mentale par tous les pores. Suffit d'ailleurs de jeter un oeil à la pochette où on le voit nu dans une carapace de tortue jouer avec camion crâmé. Fried, vous l'aurez reconnu, remporte la palme de l'album le plus dérangé de l'année haut la main. Pour 1984. Et pour les années suivantes d'ailleurs. Car je n'ai pas entendu de disque plus dingue depuis. Ah si, j'oubliais qu'en matière de folie furieuse il y a le toujours pas sain d'esprit Daniel Johnston. Lui, c'est un cas à part, véritablement désespéré, auteur d'albums malsains et formidables. Mais revenons à notre cas, JC.Alors, qu'est ce qui fait de fried un grand disque tout court ? Pour commencer, contrairement à freaks que je défendais dans mon dernier billet, il contient de grandes chansons, de véritables classiques : reynard the fox, laughing boy, sunspots ou encore torpedo. Ensuite, euh... ensuite il contient d'autres classiques : le reste de l'album. L'album commence par un sommet : reynard the fox ou l'histoire de la chasse d'un renard vue successivement par les yeux du renard et du chasseur. Texte donc hautement schizophrénique et flippé (du moins la partie renard) et musique à l'avenant en montagnes russes qui finit en apothéose après le texte parlé puis hurlé de Cope.Plus d'échappatoire possible, seule la mort délivrera reynard. Grand morceau malade. La suite est à peine plus réjouissante: bill drummond said, sur une musique plus légère permet à Cope de régler ses comptes à Drummond . Ce à quoi le Bill Drummond en question, manager de l'ancien groupe de Cope et future membre de KLF, répondit par un Julian Cope is dead l'année d'après. Sympa. Laughing boy, le morceau suivant, ainsi que sunspots ou torpedo, aurait très bien pu sortir sur les deux albums de l'ancien leader de Pink Floyd. Même pops song barrées, insidieuses, même état d'esprit : neurones grillées. Il faut savoir aussi que cet album a été enregistré dans des conditions particulières : à savoir sous haute influence de Saint Barrett et ses petites pilules du bonheur. Rajouté à cela un état dépressif, une paranoïa galopante, un manque de confiance en soi et vous obtenez de quoi sortir un grand album. Car oui il s'agit d'un album qui 24 ans après, a conservé toute sa, euh... , fraîcheur ? Qu'y entend-on au juste dans cet album ? des pop songs barrées, du psychédélisme, une limpidité peu entendue à cette époque. Quand on écoute le dernier morceau, torpedo, on se dit que le wealth de Talk Talk sur l'album spirit of eden s'en est peut-être plus qu'inspiré. Il suffit d'écouter les fins des deux morceaux pour s'en rendre compte : même orgue, même fin lancinante. Bel hommage d'un groupe exceptionnel à un homme exceptionnel.
Depuis ce coup d'éclat,Cope ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Il a sorti un bon nombre de classiques : jehovahkill, peggy suicide, droolian, 20 mothers. D'autre disques moins bons certes mais toujours intéressants car il y aura toujours la touche Cope, cette folie toujours présente chez lui qui rendra la plupart de ces albums au minimum intéressants au mieux passionnants.
09:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : julian cope, talk talk, fried, freaks
23.04.2009
famille je vous hais (mais pas trop)
Je sais, je ne parle que de musiques dans mon blog. Je comprends que des fois, voir souvent, ce soit chiant. Je le fais sans humour car la musique est un sujet sérieux avec lequel on ne doit point plaisanter. J'en suis conscient. Alors aujourd'hui, je vais vous faire encore plus chier que d'habitude, je ne vais pas parler musique mais plutôt de mon boulot. Comme vous le savez (cf ma présentation ), je suis infirmier et qui plus est en EHPAD. Bref, chez les vieux. Bref mon boulot pue la mort. Enfin, c'est la représentation qu'on s'en fait ou qu'on peut s'en faire. Ce à quoi je rétorquerai : ben non, les vieux sont la plupart du temps bien plus drôles, plus chiants, plus émouvants, bref plus vivants que n'importe quel quadragénaire en goguette bien portant.
Enfin c'est pas vraiment ce que je tiens à développer. Non, ce dont je tiens à parler c'est du comportement de certaines personnes, familles, face au déclin, à la mort. Je vois en EHPAD des choses formidables, des accompagnements de fin de vie réussis où le personnel, médecin et famille travaillent main dans la main et intelligemment, mais aussi des comportements dérangeants. Des personnes âgées maintenues en vie du fait de la volonté de leur famille à ne pas accepter ce qui pourtant nous arrivera tous. Nous avons en ce moment le cas d'une famille qui tient à tout prix à maintenir en vie leur mère qui a déjà failli passer à trépas au moins trois fois et a enterré pas loin d'une dizaine de personnes avant elle. Pensez vous que ces alertes les aient préparer au pire ? Que nenni !! Elle s'accroche au peu de vie qu'il reste à vivre à leur mère, espérant qu'elle s'en sortira à chaque fois. Le problème avec cette famille n'est pas tant qu'elle n'accepte pas la mort prochaine de leur mère mais qu'elle reporte sur l'établissement ses frustrations, rancœurs et autres sentiments négatifs. Qui fait qu'elle ne pourra jamais progresser dans le cheminement douloureux qu'est le processus de deuil. Qui renvoie aussi par ricochet à la souffrance de leur mère qui elle s'accroche pour faire plaisir à ses enfants mais part doucement dans une souffrance physique et surtout psychologique face à laquelle nous sommes impuissants.
Je sais on peut très bien nous rétorquer : vous êtes des professionnels de santé donc vous devez savoir gérer ça. Ben oui on est des professionnels mais non on n'est absolument pas préparé à ça pendant nos études. On nous dit : « ah, cette famille, ce sont des chieurs ! » pendant nos stages mais concrètement on reçoit ça et qu'en fait-on ? Selon notre vécu , notre histoire, on gère ceci plus ou moins bien. Souvent moins que plus, dans ces cas là. La plupart du temps on essaie d'éviter ce genre de famille, on va voir le patient, on lui fait ses soins, de façon inadaptée, le plus vite possible, en serrant les fesses pour qu'elle n'arrive pas au moment inopportun. C'est pas glorieux certes mais c'est une réalité. Le dialogue est réduit à néant car on sait que quoi qu'on fasse on aura toujours tort, on ne fera jamais assez bien. Alors on se referme et le patient en pâtit. On fait bonne figure devant la famille mais on souffre, on se prend les reproches en pleine gueule sans pouvoir rétorquer car il faut être diplomate. Par moment je ferais bien comme Dave dans Six Feet Under à l'enterrement de son père au moment où il est emmerdé par une chieuse, un moulin à paroles hystérique : à savoir, hurler. Mais bon, ça ferait mauvais genre.
Enfin, quand on nous dit : vous faîtes un drôle de métier tout de même. Perso je me marre car oui en effet on fait un drôle de métier. Mais la difficulté n'est pas là où les personnes pensent qu'elle est (putain j'ai l'impression de faire du Ben Stiller dans dodgeball), c'est à dire faire les soins, les pansements ou autres « horreurs », non la véritable difficulté est de gérer les familles , le stress généré par des rapports conflictuels et tout ce qu'elles peuvent nous renvoyer. On rentre chez nous avec ce trop plein d'émotions et on finit par créer des blogs à la con comme celui-là. Où on sait que ça ne changera rien, que ça emmerdera celui qui le lira mais soulagera peut-être un peu la conscience de celui qui l'écrit. C'est bien là le moindre mal.
16:51 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : infirmier, ehpad
22.04.2009
JC
A l'heure où sort le nouvel album (mauvais par ailleurs) de Jarvis Cocker, penchons nous sur ce qui faisait l'étrangeté de son premier groupe Pulp et notamment de cet album de folie pure et dure qu'est Freaks. Rarement un album n'a aussi bien porté son nom. Hommage à Tod Brownings (fairground notamment aurait très bien pu faire parti de la BO de ce film), le Pulp première époque n'avait peur de rien ni personne. Le manque de succès était tel chez eux que cela libérait toutes les frustrations de Cocker qui ne se gênait aucunement pour en faire part au peu d'auditeurs qui daignaient l'écouter. Ce qui entraîna en sus une censure auprès de Cocker lors de la sortie du titre master of the universe en single, le public anglais comprenant difficilement que le maître de l'univers puisse se masturber seul dans un coin de ta maison et ce à cause de toi. A croire que le public anglais avait perdu son humour légendaire à cette époque. Album enregistré avec peu de moyens, ça s'entend à l'écoute, freaks jouit tout de même d'une réputation non usurpée d'album maudit, taré. A l'écoute de celui-ci on comprend par ailleurs le manque de succès : on peut pas dire qu'il y ait de grandes chansons mais il y a dans ce disque un côté maladif, fou, qui le rend bien plus intéressant que de nombreux disques sortis à la même époque. Des morceaux comme being followed home arrivent à nous faire ressentir le flip d'être suivi dans le noir,c'en est haletant, claustro. I want you pourrait être poignant s'il n'était pas complétement tordu : yes, yes you're all that i ever desire, still i kill you in the end. Et que dire de life must be wonderful ? ou there's no emotion ou don't you know ? toutes des histoires de déception, d'amour jamais compris. Certes, c'est bateau mais il y a chez Cocker suffisamment d'intelligence, d'ironie dans ses paroles pour qu'on y adhère à fond. Ce qui rendait Pulp passionnant à cette époque c'était la véritable folie de Cocker, son côté grandiloquent sans moyens (ses envolées à la Scott Walker donnait franchement envie de lui en donner plus de moyens pour qu'il puisse assouvir ses ambitions qui semblaient être inépuisables). Et quand en plus les musiques, avec le peu de moyens qu'ils ont eu, suivent parfaitement la tonalité des textes, on se retrouve avec un album passionnant de bout en bout. Alors freaks n'est peut-être pas un grand album, c'est sur, mais pour moi c'est un classique qui, malgré ses défauts bien apparents, reste brillant. D'ailleurs, plus qu'au freaks de Browning, il me fait penser à Frankenstein, l'innocence en moins , la perversité en plus.
Depuis Cocker a sorti 2 grands albums reconnus (different class et this is hardcore) lâché Pulp en 2002, s'est embourgeoisé et sort des albums indignes de son talent. Un gâchis mon bon monsieur.
19:33 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pulp, freaks
21.04.2009
1980
Imaginez : vous êtes producteur ou sur le point de signer un artiste. Vous êtes en 1980, les grands albums sortis à cette époque sont le closer de Joy Division, le premier album des Feelies, le remain in light des Talking heads, le seventeen seconds des Cure, le metamatic de John Foxx, le I just can't stop it de The Beat ou encore le colossal youth de Young Marble Giants. Vous nagez en pleine new wave, l'époque est aux corbeaux, au premier degré, bref on rigole pas tous les jours. Là vous tombez sur un gars qui lui n' a rien compris à l'époque dans laquelle il est. Il vous propose un album de folk. Qui plus est de la folk psyché. Vous vous dîtes : il est fou, pas la peine de le signer, ce sont les bacs à soldes direct avec ce qu'il propose. Vous l'écoutez par politesse, lui dîtes que ce qu'il fait est très bien et le remerciez d'être venu. Une fois parti, vous mettez les bandes à la poubelle parce qu'il vous a fait écouter c'est certes pas mal du tout mais ça a quand même au moins une dizaine d'année de retard. ça n'aurait pas dépareillé avec des groupes comme Comus ou des tarés comme Syd Barrett mais là, ça va à l'encontre des règles du marché. Faut pas déconner quand même faut rentabiliser le produit , non ?
Bon ce que je viens de décrire ci-dessus serait très certainement arrivé à Bobb Trimble s'il s'était présenté avec son disque dans les années 90 -2000. Fort heureusement pour lui comme pour nous, c'est à la fin des années 70 qu'il a présenté ses bandes et qu'est sorti cet anachronisme qu'est Iron curtain innocence. Car il faut sacrément être fou pour sortir un album dont on sait pertinemment qu'il ira dans les bacs à soldes à sa sortie mais sera adulé par une poignée d'aficionados dont je fais parti. Pour faire court et comme je l'ai dit plus haut il s'agit d'un album de folk psyché barré sur sa première face et de pop folk de très très haut vol sur la seconde, alignant morceaux d'une délicatesse d'orfèvre (killed by the hands of an unknown rockstar) et classique immédiat digne du meilleur Beatles ou Love ou ce que vous voulez d'autre (one mile from heaven).C'est simple, en écoutant la première face on se dit que Greg Weeks d'Espers ou Ben Chasny de Six Organs Of Admittance ont du puiser là une bonne partie de leur inspiration (et notamment avec when the raven calls). Et quand on écoute la seconde, là on se dit qu'il n'a pas du écouté que les Beatles le gars Elliott Smith, il a du s'écouter en boucle ce chef-d'oeuvre tant la voix rappelle ici celle de Smith. Il n'y a dans ce disque que 8 morceaux avec deux fois one mile from heaven (une version courte, l'autre longue) mais ici tout est essentiel, rien n'est superflu, chaque note a sa place, chaque intonation se justifie. Le seul reproche qu'on pourrait lui faire est au niveau du son, de la production : il sonne très années 70. Pas pour moi en tout cas. Mais là, je ne sais pas si la critique se justifie réellement : c'est justement ce qui fait qu'il paraît hors d'âge, intemporel. Et parlons aussi de la pochette qui est hallucinante : Bobb Trimble, gueule d'ange entre Balavoine et Syd Barrett, avec sa guitare électrique sur les genoux et une mitraillette à la main a de quoi laisser dubitatif. Enfin, il s'agit là pour moi de ma découverte de l'année, je ne connaissais pas cet album il y a 15 jours et là, grâce à Esther et Beachboy que je ne remercierais jamais assez, je me retrouve face à un album qui me bouleverse à chaque écoute et va certainement m'accompagner un bon bout de temps. Merci les gars.

09:36 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bobb trimble





