31.05.2009
this is the end
Comme vous avez pu le remarquer, j'utilise pour pseudo myrrhman. Mais, vous demanderez vous à juste titre, d'où vient ce nom sublime ? Ce nom, marque de mon bon goût absolu, vient du premier morceau de laughing stock de Talk Talk. Album que je porte très haut dans mon estime, aussi haut que le spirit of eden bien sur. Or donc nous y voilà : il va falloir que je termine ma chronique sur Talk talk avec cet album merveilleux qu'est laughing stock. Comment vais-je pouvoir m'y prendre pour rendre justice à cette pierre angulaire qu'est devenu cet album ?
Je crois que je vais faire comme pour ma précédente note et parler de l'histoire plutôt tragique qui entoure cet album devenu légendaire. Allez, en gros, on prend les mêmes, à savoir Hollis, Phil Brown (producteur), Friese-Greene et Apsden (manager), les mêmes lieux (Wessex, à Londres), 7 mois d'obscurité, on fait mijoter tout ce beau monde ensemble et on obtient des dépressions, des mariages détruits et des abandons et à l'occasion un album unique. La communion entre Friese-Greene et Hollis est à son paroxysme, seuls eux savent exactement le son qu'ils veulent produire, les notes qu'ils jouent, les musiciens extérieurs commencent à les énerver, ne sachant pas exactement ce qu'ils devaient faire. TalkTalk pendant ces sessions ne se résumait plus qu' à Hollis et Friese-Greene jouant quasiment tous les instruments. Voici ce qu'en dit Friese-Greene : "Si vous voulez résumez TT, les premières minutes de Laughing stock expose ce vers quoi nous tendions. Mark et moi commencions à nous impatienter avec les [musiciens] extérieurs, c'était démoralisant. Alors soit on l'écrivait, soit on le jouait nous-même parce qu'on ne pouvait pas se tromper. On a joué sur des tas d'instruments qui ne nous étaient pas familiers, jouant dans la mauvaise clé, commençant au mauvais moment mais à tous les coups, c'était les meilleures prises. Cet album s'est construit sur des choses impossibles à reproduire." L'album laissera des traces indélébiles sur tous les participants : Paul Webb n'a plus joué de basse avant plusieurs années, Phil Brown et Lee Harris ont du suivre une psychothérapie de plus d'un an. Le pire dans cette histoire a été la relation entre Friese-Greene et Hollis: la fusion tout au long de l'enregistrement puisà la fin de celui-ci chacun est parti de son côté en se serrant la main et plus rien, fin de Talk Talk. Les deux ne se sont quasiment plus revus depuis cette poignée de mains. Conscients l'un comme l'autre d'être parvenus au bout d'un processus créatif de longue haleine, hors du commun, de n'avoir plus rien à faire ensemble par la suite. La fin du groupe au plus haut de sa création.
Voici ce que j'en disais sur X-silence il y a 4 ans : Ceux qui connaissent Talk Talk par l'entremise de "It's My Life" ou "Such A Shame" vous diront que c'est de la bouse. Infâme. Ils n'ont pas tort.
Ceux qui les connaissent par "Spirit Of Eden" et "Laughing Stock" vous diront que c'est peut-être l'un des plus grands groupes qui fût en activité au début des années 90. Sublime. Ils ont tout à fait raison.
Comme tous les grands albums, celui-ci ne comporte que 6 titres, fait à peine plus de 40 minutes et se trouve être une véritable pierre angulaire du rock des années 90. Sans "Laughing Stock", pas de Labradford, ni de Bark Psychosis et encore moins de Sigur Ros ou de Mogwaï.
Il s'agit d'un album de six titres, ou plutôt six pièces. Toutes en état d'apesenteur, tantôt mélancoliques, tantôt flippantes voir rageuses.
Etat des lieux donc:
"Myrrhman", 15 secondes de silence, apparition inopinée d'un bruit de batterie et démarrage de la chanson, l'impression d'entrer dans le disque par accident. Fin du morceau comme le début, 15 silencieuses secondes.
"Ascencion Day", l'ascencion la rage aux dents, toutes guitares dehors, bordel construit par couches successives jusqu'au cut final. N'aurait pas dépareillé sur Spiderland.
"After The Flood", ou l'état de grâce permanent pendant 10 minutes, piano d'une délicatesse infinie, batterie sortie tout droit de Can, bande passée à l'envers, bruits étranges, variophone bloqué sur une seule note lors du solo. Au concours de la chanson la plus délicatement barrée, on pourrait la trouver en bonne position.
"Tapehead", ou le négatif de "Ascension Day". La descente sans rappel ni torche au fin fond de la faille de San Andrea. Le flip absolu durant 7 minutes, la claustrophobie mise en musique.
"New Grass", ou le concept de la bulle de savon. La légèreté, l'apesanteur doublée d'une mélancolie tenace soulignée par un côté jazz.
"Runeii" signe la fin de l'album et par là même la fin du groupe. Il s'agit aussi du morceau le plus dépouillé de cet album, une voix une guitare et le silence, envahissant, omniprésent. Mark Hollis termine en murmurant et la guitare fait de même. La grâce absolue et la plus belle fin pour un album devenu une référence incontournable dans l'histoire du rock.
Je le pense toujours et pour moi Talk Talk est synonyme de groupe à part dans le rock. La plupart des groupes mettent tout dans leur premier album : leur génie, leur rage, et déclinent ensuite à force de vouloir ou non reproduire ca qui a fait leur génie. Talk Talk lui a fait l'inverse : un parcours complétement atypique qui les fait aller du sous-groupe de merde qu'ils étaient début 80 à la référence absolue à la fin de leur parcours. Tout ça du à la volonté de deux fous qui ont fait la musique comme eux l'entendaient en se foutant complétement des canons de la mode, en mettant leur obsession au premier plan quitte à ne rien vendre par la suite. Car laughing stock a réussi à faire pire en terme de ventes que spirit of eden, ce qui n'est pas un mince exploit. Je terminerai cette chronique avec le morceau le plus flippant de cet album. Bonne écoute.
18:54 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : talk talk, années 80
29.05.2009
spiritualité (part 3)
Bon par où commencer cette nouvelle note sur un de mes albums préférés de tous les temps ? Continuer l'histoire de Talk Talk au moment où ils vont enregistrer spirit of eden ? Pourquoi pas ! Allez, hop, c'est parti : Hollis et Griene, devenus les véritables têtes pensantes de Talk Talk, se sont mis dans le crâne de ne plus se répéter. Pour cela ils engagent un nouveau producteur, Phil Brown, connu pour avoir produit Hendrix, Led Zep, Marley. Changent leurs méthodes d'enregistrement (en gros, dans une ancienne église au nord de Londres avec pour seul source de lumières une rampe de spots s'allumant au rythme de la batterie de Lee Harris et un projecteur à huile pour la pièce de contrôle.). L'enregistrement dura 9 mois, dans l'obscurité, déformant la notion d'espace temps, créant une ambiance étrange. Leur méthode de travail aussi : Griene et Hollis enregistrent le travail des musiciens puis effacent 99% de la bande eux compris. Ne gardant finalement que ce qui leur convenait au prix de frustrations énormes pour les autres musiciens. Moralité : en 88 sort l'un des plus beaux albums de tous les temps (enfin de mon humble point de vue). Ni pop, ni jazz, ni rock, ni classique mais tout cela à la fois. Je me souviens que les premières écoutes en 88 m'ont littéralement happé. Comprenez moi bien: passer des Pogues, Tracy Chapman, Sade ou Prince période lovesexy à spirit of eden, il y a un abîme dont je ne me suis jamais remis. Déjà en découvrant les morceaux derrière la pochette je me disais : putain six titres, ils se sont pas foulés !!! Quand j'ai ouvert le disque (un vinyle que j'ai toujours, en parfait état) et que j'ai regardé la première face, ne voyant aucune coupure entre les morceaux, ça m'a plutôt surpris. C'était aussi le premier disque que j'avais enregistré en DMM ( direct metal mastering, procédé assurant une meilleure qualité de son aux vinyles) avec un son nickel. Bon, en le posant sur la platine, là j'ai eu un de mes premiers grands chocs musicaux. Le genre qui vous fait entrer dans une autre catégorie : on passe de l'auditeur distrait, futile, celui qui écoute avec enthousiasme mais sans véritable passion Toni Childs ou Jeff Healey Band à celui de mélomane averti, passionné voir acharné qui ne comprend pas pourquoi un de ses groupes préférés ne vend rien mais a le sentiment intime d'avoir touché du doigt un moment unique, un graal musical. C'est exactement ce qui m'est arrivé à 15 ans lors de la sortie de spirit of eden. J'ai eu le sentiment de devenir quelqu'un de plus intéressant, d'à part (musicalement parlant hein !). J'adorais un disque auquel personne ne s'intéressait, dont personne n'avait entendu parlé et chaque fois que je pouvais le faire écouter à des amis, je savais que ceux-ci seraient pour la plupart retournés par ce qu'ils venaient d'entendre. Ceux qui n'appréciaient pas devenaient des cons, des personnes inintéressantes (qu'est ce qu'on peut être con à cet âge là !!) qui ne méritaient pas que je m'intéresse à eux. Je me rendais aussi compte que question musique je devenais une sorte de paria, le mec qui écoute de la musique bizarre. Mais je dois avouer que je m'en foutais royalement, j'étais sur d'être dans le droit chemin. L'avenir ne m'a pas donné tort de ce point de vue là : 21 ans après je le réécoute avec toujours autant de frissons et je suis toujours persuadé qu'il s'agit là d'un des 10 albums que j'emporterai dans ma tombe.

Alors de quoi il retourne ? hein ? de 6 morceaux découpés en 4 ou inversement. En fait une première face de 23 mns en trois parties et une seconde avec 3 véritables morceaux, d'une durée approximative de 5 mns au minimum chacuns. La première face the rainbow déploie en effet toutes les couleurs qui peuvent être décrites dans la musique, toutes les teintes allant de la spiritualité, l'apaisement à la rage destructrice, au vacarme le plus fou (desire en est un bel exemple.), déchire littéralement ceux à qui il restait un espoir d'entrevoir une chanson pop, un refrain ou quelque chose de ce goût là. Non Talk Talk balaie d'un revers de la main cette tentation et impose Sa vision de la musique : profonde, mystérieuse, exigeante, d'une cohérence incroyable malgré les conditions d'enregistrement, flirtant de plus en plus avec le silence, en faisant le principal acteur de ce disque (ainsi que du prochain), ayant plus à voir avec le classique, allant au bout du bout de sa démarche jusqu'au-boutiste. Au début de the rainbow, Hollis murmure plus qu'il ne chante, se confie. Au fur et à mesure des 23 minutes, à mesure que la tension monte, le ton de la voix suit le même chemin et finit par hurler au-dessus d'un vacarme assourdissant : that ain't me babe". C'est peut-être pas toi mais en tous cas tu viens d'inventer avec ce morceau de 23 mns un courant qui va faire fureur dans les années 90 : le post-rock. L'art de l'épure, des montagnes russes (tension-calme-tension ) dont saura si bien se servir GodSpeed!, tout vient de là. On a donc une première face violente, tendue à l'extrême, passionnante, longue et rock on aura droit à une seconde complétement opposée mais tout aussi passionnante. Calme, jazz, empreinte de religion, de recueillement, plus courte presque d'un format pop mais évitant ce chemin à tout prix. Introspectif dans ses paroles abordant des thémes le touchant de près (drogue, mort, spiritualité), Hollis paraît beaucoup plus touchant mais aussi absent s'en allant sur la pointe des pieds avec un wealth touchant au sublime. De toutes façons,de mon point de vue bien sur, tout dans cet album touche au sublime : les choeurs de i believe in you, apportant spiritualité et une émotion rare, l'orgue de wealth qui s'en va peu à peu comme la vie s'en va d'un corps, paisiblement mais surement, le jazz jouant à cache-cache avec le silence de inheritance. Talk Talk finit ici sa mue entreprise lors de the colour of spring, se débarrasse définitivement de ses oripeaux pop pour atteindre une sorte de nirvana, une beauté sublime qu'aucun groupe actuel, toujours à mon humble avis, n'a atteint jusqu'ici. Le pire c'est que trois ans après ils remettront ça avec un laughing stock aussi indispensable et superbe que celui-ci.
Inutile de dire que l'album ne se vendit pas, ses ventes furent catastrophiques et ont permis à EMI de se débarrasser d'eux. Ce qui de toutes façons, arrangea bien le groupe.
19:17 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : talk talk, années 80
28.05.2009
...qui est là ? part 2
Ah oui, c'est vrai : je terminai ma dernière note par un suspens inouï : ça n'allait pas tarder à tourner à plein régime. Bon dieu, quelle phrase !! quelle accroche !! Digne de la fin d'un épisode de la première saison de 24, insoutenable quoi.
Oui donc je parlais de la collaboration entre Friese-Greene et Hollis et laissais entendre que le génie entre eux n'allait pas tarder à entrer par la grande porte. Si le talent de Talk Talk était indéniable ( il en faut je trouve pour pondre un titre aussi accrocheur que such a shame), on n'aurait peut-être pas parier un kopeck sur le génie de ce groupe.
Et pourtant... Quand sort en 86 l'album the colour of spring, il n'est question que de cela. Voyons le d'abord comme un album de transition : l'abandon pur et simple de la ritournelle électro pop au profit d'une véritable instrumentation organique, du commencement d'une recherche, d'une expérimentation digne d'un Robert Wyatt, d'un largage d'amarre pour dériver là où bon lui semble en en ayant rien à foutre de ce que pensent les autres. Transition encore dans la façon d'aborder la pop, l'écriture des chansons, la production : Le groupe ne pense pas en single comme l'espérait la maison de disque de l'époque (EMI qui n'a d'ailleurs jamais rien compris au groupe, n'y voyant qu'une vache à lait de plus alors qu'ils avaient de l'or en barre sous la main) mais en terme d'album d'où des morceaux longs (6 morceaux sur les 8 font plus de 5 mns), complexes, faisant appel à certains musiciens de renom comme Steve Winwood, accentuant le décalage entre leur image de groupe propret et ce qu'ils sont réellement. Ajoutez à cela le rôle grandissant de Tim Friese-Greene qui non seulement produit l'album, joue tout ce qui est orgues, piano, variophone mais co-écrit également tous les morceaux, devient le véritable alter-ego de Hollis, celui qui le comprend et qui va influer sur le destin du groupe. Cest aussi le moment où Talk Talk décide d'arrêter de donner des concerts, où le groupe ne se consacrera plus qu'au travail studio mettant EMI dans l'embarras : comment faire de la pub, récupérer du fric sur un groupe qui ne se produit plus sur scène ? Tout cela donne un album magnifique, débarrassé du superflu, trouvant le succès accidentellement. Album de transition avant le naufrage (disons plutôt le suicide) commercial que sera spirit of eden. Pourtant pour qui connaît cet album, il montre bien, sur plusieurs morceaux, la direction que prendra le groupe 2 ans plus tard : april 5th ou chameleon days réduisent l'instrumentation à sa plus simple expression (voix, orgues, un dobro), tout en ambiance, en grâce fragile. Si le succès est au rendez-vous avec life's what you make it ou encore living in another world c'est par le plus pur des hasards car l'écriture de Hollis/Greene se fout royalement des canons de la pop et ses inspirations n'ont rien à voir avec l'époque et les groupes qu'il côtoit comme Frankie Goes To Hollywood, Kajagoogoo, lui se situerait plutôt du côté des auteurs classiques comme Debussy ou le jazz de Gillespie. La production de cet album délaisse aussi complétement les canons de l'époque: pour eux les synthés sont morts, vive les véritables instruments !! Rien ne pourrait être pire pour eux que de coller au son de leur époque, Talk Talk ne veut plus être associé aux années 80 et s'emploie (remarquablement d'ailleurs) à devenir intemporel. En utilisant d'un côté des intruments classiques comme le piano ou la guitare acoustique mais en utilisant d'autres instruments plus surprenants pour leur époque : un mellotron, un variaphone, des choeurs d'enfant ou le Ambrosia Choir. Avec tous ces handicaps Talk Talk arrive à vendre plus de 2 millions d'albums à travers le monde et offre à ses auditeurs un album d'une richesse incroyable tant au niveau mélodique, que du son. Leur premier chef-d'oeuvre était sorti et deux autres allaient suivre...
09:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : talk talk, années 80
27.05.2009
toc toc... 1ère partie
bon je sais, j'ai encore foiré. J'espérais écrire une note presque tous les jours et là j'ai manqué à tous mes devoirs. Le pire c'est que je ne l'ai même pas fait exprès. Entre orage et boulot j'ai même pas eu le temps d'allumer le PC ou alors je cramais mon modem. Enfin je ne suis pas là pour me plaindre mais pour répondre à l'interrogation que j'ai vu poindre dans vos yeux quand vous avez reluqué le titre de cette note. Il était une fois, en 1977 un pitit gars du nom de Mark Hollis qui se faisait royalement chier pendant ses études de psy et qui, pour passer le temps, forma un groupe avec son frangin Ed. Ils décidèrent de le nommer The reaction et sortirent un single en 78. La réaction ne se fit pas attendre : Le single fut un succès mondial, Hollis plongea dans l'enfer de la drogue, changea de nom pour Herbert Léonard et connu le succès que l'on sait dans les années 80 en France. Fin de l'histoire. Euh......... pas tout à fait. Bon ok, le groupe splitta en 79, Hollis fit la connaissance en 81, via son frangin, du bassiste Paul Webb et du batteur Lee Harris qui allaient devenir la colonne vertébrale du meilleur groupe des années 80 : Talk Talk (Ayé !!! vous avez compris le subtil jeu de mots qui compose ce titre fort recherché !!!).

Meilleur, faut le dire vite car leur premier album, the party's over sorti en 82, ne les prédisposait en aucun cas à devenir l'un des groupes les plus influents de la planète. Loin de là même.Surfant sur le succès de groupes comme Spandau Ballet ou Duran Duran, Hollis et sa bande singeaient allégrement cette new wave néo romantique avec une pop synthétique de fort mauvais aloi (talk talk, it's so serious sont proprement inécoutables et l'album est proche du ridicule.) Seule surnage de ce naufrage la voix de Hollis, déjà formidable. D'ailleurs le public ne s'y est pas trompé ou alors a mis le temps car ce fut au bout du troisième single (today, qui suivit talk talk et mirror man) que le succès vint. Entre temps, voulant se débarasser de cette image de minets proprets ou de groupe pour midinettes, Talk Talk eu la bonne, voir l'excellente, idée d'engager un certain Tim Friese-Greene. Producteur de son état, il fut engagé pour donner de la consistance au son du groupe. Son influence se fit déjà sentir dès le second album it's my life. Sorti en 84, il eut un succès certain. Mais ce sont surtout ses singles qui cartonnèrent : qui a vécu sa jeunesse dans les années 80 ne peut passer au travers des cartons que furent it's my life et surtout cette rengaine pop, mélancolique et collante qu'était such a shame. L'album quant à lui était pas formidable mais le groupe faisait preuve d'une maturité étonnante. Le son de l'album n'était plus exclusivement électro pop mais incluait de véritables instruments comme la guitare, le piano et donnait une teinte mélancolique, chaude, boisée à cet album assez bancal mais surprenant. Le rôle de Friese-Greene grandit de plus en plus dans le groupe: il passa de producteur à multi-instrumentiste et sa collaboration avec Hollis provoquait des étincelles de génie. Cela commençait seuleument mais n'allait pas tarder à tourner à plein régime........ (to be continued)

00:47 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : talk talk, années 80
23.05.2009
Vous souvenez-vous ?
- Bonjour ma petite !
-Bonjour monsieur
-Alors, comment t'appelles-tu ?
-Titam Monsieur.
-Moi c'est Myrrhman. Mais.... dis moi petite Titam, quel est ton but dans ta vie ? Pourquoi viens-tu me défier sur mes terres ? qu'espères-tu ? Hein ma petite, dis moi tout !
-Ben la dernière fois j'ai mis sur mon blog une vidéo sensuelle, torride, apocalyptique de Jauni àl'idée. Je pensais pouvoir vous clouer votre claque merde et vous faire entrer dans une dépression monstrueuse avec une telle horreur.
-mmmmmmhhhhhhh, je vois ma petite. Mais tu ne connais pas ma monstruosité, ma capacité à aller fouiller dans les tréfonds de mon âme et y dénicher les pires horreurs. Je suis un monstre vois-tu et ton jauni je le bouffe tout cru. A côté de ce que je te réserve, Ton Jauni a la sobriété d'un Nick Drake, la poésie d'un Bob Dylan et l'intelligence d'un Enstein. Et oui ma petite, sache que tu ne me fais pas peur et que me défier à ce jeu va te coûter ton âme, ta santé mentale. Es-tu prête ? Te reléveras-tu de cette vision qui s'offrira à toi ? Je ne le pense pas ! Tu imploreras mon pardon et dans ma grande bonté je te l'offrirai car je suis magnanime. Alors écoute ce chef-oeuvre, ces rimes très riches, ce refrain entêtant, sobre, tout droit sorti d'un cerveau dégénéré qui aurait consommé trop d'ectasy. Vois cette vidéo, au montage ahurissant, avec au moins dix idées par plan, admire l'homme sable, la moiteur qui se dégage de ce clip, cette sensualité, ce glamour. Mmmmhhh admire et prosterne toi car il va être très difficile pour toi de trouver pire !!!
Bon quand je vois ça, je me dis que le clip est à la hauteur du morceau qu'il illustre : le degré zéro de l'inspiration. Ca n'a peut-être pas les moyens d'halliday mais je crois qu'ils seraient arriver à faire pire s'ils les avaient eu. Et puis ce morceau !!! quel morceau, des paroles sublimées par un chant de sirène, illustrées par un clip filmé par Max Pécas et René Clair, la fine fleur du nanard français des années 80. Non là je vois pas ce que je pourrais trouver de pire en matière de daube. Le clip à lui seul vaut toute la filmographie d'Ed Wood. Au moins chez lui, s'il n'y avait pas de moyens, il y avait des.....euh..........idées. J'avoue encore :j'ai pris mon pied au moment où elle chante : l'océan dessine sur la toile de mon bateau et que l'on voit subtilement dessiné sur la plage un bateau fait par un môme manchot. Là j'ai presque joui. Et que dire de ce gringalet qui débarque dès le début avec une voix de ténor ? Là ça touche au sublime non ? Bon c'est décidé: je me fais interner à l'hôpital psy le plus proche de chez moi, je finis par croire que je suis un grand con malade.
12:03 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : muriel dacq, années 80
21.05.2009
le joli (é)moi de mai
Oui, je sais, je peux faire des jeux de mots aussi pourris que ceux de bilboquet. La tâche est ardue, le bougre donne du fil à retordre. Mais j'espère atteindre son niveau de (non) excellence dans les prochains jours. Cependant je me dois faire attention à une chose : la Vincent Rocatite. Vous connaissez ? Non ???? En gros c'est l'inflammation des jeux de mots laids débités sur le même ton prétentieux, suffisant, sur de soi. En règle général c'est pas drôle du tout voir pénible. Enfin.... je ne suis pas là pour vous étaler ma non science des comiques se rêvant Devos mais ne faisant guère mieux qu'un Montagné en petite forme. Non, je suis là pour vous parler de mon coup de coeur de ce mois de mai. Pour tout vous dire je pense pas que ce soit le meilleur disque sorti en ce joli mois mais c'est en tout cas l'un des plus intéressants. Un qui fait Boum tchack bim pam wizzzzz boum tchack. Vous l'aurez compris : il s'agit d'un disque d'électro. Qui ne révolutionnera pas le genre (ce n'est pas Autechre, Coil ou Kraftwerk) mais vous fera passer une cinquantaine de minutes très agréable.
Moderat, le groupe en question, est allemand, réunissant la fine fleur de l'électro allemande actuelle à savoir : Apparat + Modeselektor. Enfin la fine fleur, c'est vite dit. Cependant ce sont deux groupes qui, s'ils cassent pas trois pattes à un canard, font des choses relativement intéressantes. Mais bon, revenons à l'album en question : mélange de tous les courants électros actuelles ou non (dubstep, trip-hop, dub, techno, IDM, 2 step) Moderat a aussi le sens de la mélodie qui vous rentre dans le ciboulot pour ne plus en sortir. En électro, je me souviens d'un album qui m'avait fait un peu cet effet, c'était le melody A.M de Royksopp : électro simple mais sens de la mélodie imparable. Pour leur premier album, Moderat conjugue ce sens à une forte identité allemande: je veux dire par là que le rythme des morceaux est martial, sec mais contrebalancé par une souplesse héritée de l'écurie Basic Channel. L'album est aussi hanté ou plutôt visité par certains groupes pop comme Radiohead (rusty nails me rappelle beaucoup le morceau idioteque), trip-hop comme Massive Attack ( slow match n'aurait pas dépareillé sur mezzanine ) et surtout surtout Burial, mais sans le côté prétentieux, expérimental à la noix, un Burial décomplexé qui ne se regarde pas le nombril. Il fait aussi un tour du côté du rock le temps d'un porc #1 et 2 fort réussis bref il synthétise à lui seul une trentaine d'années de musique allemande allant du rock au dub tout en revisitant le rock des années 90 mais sans aucune autre prétention que d'être très abordable. Pour cela je ne peux que conseiller d'y jeter une oreille, c'est fort agréable, addictif même si ça ne restera pas dans les annales. Après tout, la poursuite du chef-d'oeuvre n'est qu'une quête vaine, on sait très bien que plus grand chose de neuf ne peut être fait à l'heure actuelle. Alors pourquoi bouder son plaisir ?
20:13 Publié dans mon disque du moi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : moderat, radiohead, burial
20.05.2009
compris ?
Comme je l'ai écrit dans ma précédente note, en 1992, j'étais à la fac où j'étudiais euh........................ les lettres modernes je crois. Bon, pour tout dire, et comme disaient mes parents (pas fous les parents d'ailleurs) j'ai plus étudié à la fnac qu'à la fac. On va dire que je passais plus d'heures chez les disquaires du coin à étudier les pochettes des cds qui me tombaient sous la main qu'à me plonger dans le bouquins conseillés par les profs d'université. Ma collection de cds, pendant cette année a, si je ne me trompe, quintuplé voir sextuplé (euh.... je sais pas si c'est français ça ?! ça la fout mal pour un gars qui était censé être en lettres modernes.), a raison de 3-4 cds par semaine, je suis content de n'avoir fait qu'une année. En ce temps d'insouciance donc, où je n'avais pas ou peu de problèmes, où le fric me servait à m'acheter des disques plus qu'à manger, je découvrais régulièrement des merveilles. L'une d'entre elle, dont je vais parler brièvement dans cette note, est pire que les Trash Can Sinatras en matière de reconnaissance. D'ailleurs c'est simple, Tapez Brian : understand sur youtube, dailymotion, deezer : nada, rien, que pouic, la bulle. J'ai bien réussi à trouver la pochette sur amazon mais c'est tout. La lose totale quoi. Pourtant le groupe de Ken Sweeney, irlandais de souche, aurait mérité d'avoir un tout autre destin. Du travail d'orfèvre. Voila ce qui me vient à l'esprit quand j'entends toute cette délicatesse mise en musique. De la Pop élevée au rang d'art. Bon la production est un brin cheap, la boîte à rythme qui sert de batterie en rajoute encore mais l'écoute de ces 8 morceaux laissent sans voix, hébété par tant de beauté. Les arpèges sont de véritables dentelles, la basse soutient l'édifice et la voix déboule là avec cette douceur, cette justesse tenant du miracle. Les synthés se tiennent à carreau, omniprésents mais apportant une légéreté, faisant évoluer les chansons au-delà des nuages, dans des stratosphères auxquelles peu de groupes ont su emmener leurs morceaux. Même quand ils accélérent le rythme (you can't come home, don't leave me behind) ils ne peuvent s'empêcher d'être légers, de véritables orfèvres de la pop. Ils transcendent haut la main des groupes comme Belle & Sebastian, arrivent à marier les Smiths et Durutti Column de la façon la plus naturelle possible, font de la pop un art. Tout dans ce disque me laisse pantois, Ken Sweeney réussit à synthétiser en un album ce que Air n'a jamais réussi à faire depuis 15 ans : être à la fois léger et consistant, superficiel mais toujours dans le vrai. 17 ans après, je l'écoute toujours avec la même admiration qu'au début. Conscient d'écouter là un miracle. understand, le morceau introduisant l'album, me fait monter les larmes aux yeux et me colle des frissons comme rarement.

Ecoutez, pleurez, et venez me demander plus tard où on peut trouver ce chef-d'oeuvre. Je vous donnerez l'adresse volontiers.
PS : je ne suis pas le seul à m'en souvenir tout compte fait : sur myspace on peut le trouver. Youpi !!
PSS : Brian a sorti deux albums et un EP. Le EP qui faisait suite à understand (planes) est du même niveau. Le second album quant à lui est une catastrophe en regard du précédent. Pas d'accroche, pas vraiment de mélodies, ni de personnalité. Il faut dire à la décharge de Sweeney qu'il est sorti 7 ans après understand et qu'entre temps le sieur s'était reposé sur ses lauriers en glandouillant. Idiot va !
15:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : brian, smiths, belle & sebastian
19.05.2009
Vous souvenez-vous ?
Je dédie ce CO des années 80 à ma copine titam qui devrait se retourner dans son lit maintes fois tant ça devrait lui faire plaisir ( à moins qu'elle ne cherche la cuvette pour gerber). 7 minutes de plaisir pur donc, de synthés estampillés années 80, de production qui déchire tout sur son passage, de cornemuses folles et de pillage en règle de Queen, Paul Personne, Dire Straits, Scorpion, bref le best du best des années 80. J'en suis encore toute retournée.
10:34 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : titam, canada dry
18.05.2009
le trash était formidable en ce temps-là
bon je sais, je suis une grosse feignasse, j'avoue avoir baissé les bras et c'est pas mes statistiques qui vont m'encourager à écrire plus et faut bien avouer : le guide spiritueux est fatigué.Las.
Bon passé ce (gros) coup de mou, je me souviens de mes insouciantes années de fac où j'achetais des cds à la pelle, fumais plus que de raison des cigarettes qui font rire et n'allait pas en fac alors que je n'avais que 13 heures de cours par semaine. En 1993, je découvrais en allant chez mon disquaire (souvenez vous, cette espèce en voie de disparition, oui le disquaire : un mec qui vous conseillait quoi écouter, vous laissait traîner dans ses bacs une voir deux heures pour y dénicher la perle rare) préféré ou à la fnac Syd Barrett, le melody nelson de Gainsbourg, sister de Sonic Youth, puis les nouveautés comme le painful de Yo La Tengo, le premier album de Suede (que je n'aime pas par ailleurs), le 41 de Swell ou le gentlemen des Afghan Whigs. Entre toutes ces sorties imposantes, je me souviens d'un album, discret, effacé mais bravache. Du talent à en revendre certes mais un album qui sera toujours l'outsider, l'oublié, celui qui passe inaperçu. Pourtant le titre aurait pu faire illusion : i've seen everything. Reconnaissez qu'en matière de titre on peut guère faire plus prétentieux non ?!! Ironique ?? euh.....oui, fort possible. Donc ceux qui avaient tout vu n'ont pourtant jamais vu ce à quoi ils aspiraient peut-être le plus : le succès. Dommage car ils avaient des arguments plus que convaincant : des mélodies en pagaille, une délicatesse hors-pair, une voix qui vous prenait par les sentiments et vous emmenait où elle voulait sans que vous puissiez y résister, une classe innée, des tubes en veux-tu en voila, une pop apprise chez les meilleurs (Beatles, XTC, Smiths, entre autre...). Mais, comme il faut toujours un mais et comme aurait fait les Dogs, ils avaient too much class for the neighbourhood. Bref, comme souvent dans ces cas là, ils sont arrivés soit trop tard (les Auteurs étaient passés juste avant eux avec leur génial New Wave et il faut bien dire que Haines avait une plus grande gueule qu'eux, ce qui aide, forcément) soit trop tôt (Elliott Smith, Belle & sebastian et d'autres ont eu leur heure de gloire avec des albums aussi bons que celui-là.) et il faut avouer aussi qu'au niveau charisme, un frigo en panne dans une décharge en avait plus qu'eux. Donc l'équation était parfaite pour en faire un éternel outsider. Comme les Sneetches avant eux avec leur formidable sometimes that's all we have, ou Moose avec ...xyz, on parlera des Trash Can Sinatras comme d'un excellent groupe aimé par deux pélerins et trois tondus et on s'en souviendra avec nostalgie comme je le fais aujourd'hui en se demandant pourquoi des groupes comme Oasis ont eu le succès qu'on leur connaît avec des albums sans une once d'originalité. Le monde de la musqiue est impitoyable et injuste. Comme la vie quoi.
10:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : trash can sinatras, smiths, beatles
13.05.2009
pour ma copine Titam
Titam n'a pas le monopole du bon goût moi si :


ou alors j'ai oublié
03:11 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : tatouages





