31.07.2009

haut là

Bon je vous avoue, toute honte bue : je suis allé voir le dernier pixar en famille et j'ai beaucoup aimé. Là haut narre l'histoire touchante d'un papy acariâtre et quelque peu misanthrope qui, pour échapper à son placement en maison de retraite, va prendre la poudre d'escampette avec sa maison dans les airs pour réaliser un vieux rêve. Le sujet fait très Myazaki  (grosse référence au château dans le ciel ou au château ambulant) mais le traitement reste très disney. C'est un peu là que le bât blesse vous diront certains ronchons. Contrairement aux dernières productions pixar comme wall-e, les indestructibles par exemple, là haut s'adresse directement aux enfants. Pas de clins d'oeil à 2001, à James Bond, pas de message écolo non plus, une histoire simple traitée de façon simple. D'un côté les bons un brin chiants, le vieux et le môme (qui apprendront à se connaître et s'apprécier tout au long du film, évidemment), d'un autre le méchant, ressemblant comme deux gouttes d'eau à Vincent Price. Entre les deux, des chiens idiots (traités comme les mouettes de Némo ou les pirates dans porco rosso), des créatures étranges (une sorte d'autruche hallucinante au cri de paon). Bref c'est du disney pur jus. Pourtant le film vaut le déplacement ne serait-ce que pour sa séquence d'introduction, remarquable. Avant que l'histoire ne commence réellement, nous voyons en une séquence d'une dizaine de minutes, la vie du héros principal : la rencontre avec celle qui deviendra sa femme, la vie à ses côtés, ses joies, ses peines, la perte des ses illusions puis la reconstruction et enfin la mort de celle-ci. C'est court mais ça en dit très long sur la beauté et la souffrance de la vie. C'est quasiment muet, très sobre et surtout poignant. Impossible de ne pas avoir la larme à l'oeil. Après ça le film est bon, va sur des rails déjà connus. C'est sympa sans être du niveau d'un monstres et c° , loin de là même, mais cette introduction, digne des grands Chaplin, me reste encore en travers du gosier. Chouette film et surtout remaquable introduction.

30.07.2009

le morceau qui tue

Vous l'avez peut-être remarqué mais j'ai repris le boulot lundi dernier. D'où une profusion de notes depuis ce jour. Incroyable. Je n'ai jamais été aussi prolixe en si peu de temps. Après vous en avoir autant dit ces derniers temps, je ne sais plus quoi dire là, tout de suite, maintenant. Les sujets se bousculent au portillon et je ne saurai faire un choix digne de ce nom. Bref, c'est pas l'inspiration qui m'a étouffé dernièrement. Et qui m'étouffe actuellement. Je me sens un peu sur pause, l'envie incroyable de retourner en vacances. J'ai pas la pêche quoi. Alors pour me redonner le morale, quoi de mieux que viimeiseen de Tenhi, hein ? Rien évidemment.


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26.07.2009

en soutien à esther et souhaiter la bienvenue à Maiko chez Titam

le tuning très c(hat)on du jour:

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le morceau qui tue

Aujourd'hui DJ Hell. You can dance. En réponse au I can't dance de Genesis ? A voir. En attendant excellent morceau d'introduction d'un très bon album de techno sorti cette année. Et puis un Dj qui débauche Brian Ferry peut-il être réellement mauvais ? Je vous le demande tiens.

24.07.2009

la bande annonce qui fait peur

La semaine dernière, je suis allé au ciné, en famille, voir le dernier Harry Crotteur (nul au demeurant mais je ne tiens pas à en parler ) et avant que le film ne commence, je suis tombé là-dessus :

Et je sais pas pourquoi, j'ai eu très peur. Déjà Dany Boon + image jaunie = courage, fuyons. Je n'ai rien contre Dany Boon, j'ai même réussi à trouver ses ch'tis sympathique, pas bien, sympathique, ne me faîtes pas dire n'importe quoi je vous prie. Mais alors l'esthétique de Jeunet me sort par les trous de nez. Cette lumière, ces trognes, tout cela sent le désir d'appartenir à un univers (c'est clair, on reconnaît celui de Jeunet  des kilomètres à la ronde : d'un factice à tout épreuve.) qui se voudrait hors des modes, hors du temps mais qui réussit à n'être que ridicule. Voilà un mec qui a trouvé une formule et qui nous la ressert à chaque film. Faudrait peut-être lui dire que l'effet de surprise est passé et que maintenant ça a plus tendance à nous les briser menu qu'autre chose. La seule nouveauté apparemment est cette volonté  de vouloir faire du Frédric Dard (le titre n'aurait pas dépareillé sur un San Antonio). Autrement, il se paye des stars françaises à la pelle (le casting a l'air tout de même impressionnant : Marielle, Moreau, Boon, Omar, Presvot, Dussollier, Wilson)  mais moi tout ça me fiche une trouille bleue. On a l'impression qu'il veut croiser l'univers de delicatessen (son seul bon film par ailleurs) avec Amélie Poulain. Je crains qu'il tienne à rééditer l'exploit d'Amélie Poulain. Et Amélie Poulain , pour moi, c'est un peu l'équivalent pour les années 2000 de ce que fut le grand bleu pour les années 80 : une merde devenue culte par je ne sais quel procédé. Un mystère pour moi, l'apôtre du bon goût que je suis. Bref voici un film que je ne suis pas prêt d'aller voir. Dîtes-moi ce que vous en pensez, suis-je le seul à craindre le pire ?

23.07.2009

Richard Skelton...

...vous connaissez ? Non ?!! vous êtes vraiment des brêles je vous jure !! Faut vraiment tout vous faire. Bon alors, après quelque jours à vous conseiller des disques à éviter, je vais inverser la tendance. Pour commencer, je vous avoue que Richard Skelton m'était absolument inconnu il y a encore 24 heures. Et que franchement si je n'avais pas écouter le box of birch de A Broken Consort je m'en serais foutu comme de ma première chemise.a+broken+consort+-+box+of+birch+album+cover.jpg Le problème est que je suis tombé sur ce foutu disque et que je me suis posé La question. Qui se trouve derrière ce groupe ? Réponse: Richard Skelton. Certes, me direz-vous, on a compris, tu commences à nous les briser menu avec ton Richard. Okay okay, on se calme. Il est donc le seul maître à bord de A Broken Consort mais aussi de, ne rigolez pas merci, Heidika (non, je vous vois venir, ce n'est pas un mix délirant entre la petite fille des montagnes et le dessinateur pervers des éditions fluide glacial), Harlassen, Carousell et Riftmusic. Les deux derniers je n'ai pas encore pu y jeter une oreille dessus, pas trouvé, mais les deux premiers sont excellents, foi de moi-même. Donc ce gars là a sorti, entre 2005 et maintenant, l'équivalent d'une petite dizaine d'albums, EP. Plus un album sous son propre nom. Un stakhanoviste ma bonne dame !!!! Mais c'est quoi au juste comme style ?? parce que connaissant tes goûts on peut se douter que ça va encore être bizarre/nul/débile. Ben en fait c'est juste étrange mais d'une très grande beauté. C'est désolé mais très riche, tendu et apaisant. C'est électronique et complétement organique, ça mélange folk, musique concrète, classique, en gros Nick Drake qui taillerait une bavette avec Arvo Part lors d'un dîner privé chez La Monte Young. C'est austère, exigeant mais ça ne se veut pas inaccessible. Ca parle aussi bien au cerveau qu'aux tripes. Box of birch me rappelle un peu le martes de Murcof à la différence près qu'on aurait remplacé le soleil brésilien par des nuits finlandaises qui finissent par rendre fou. Au sortir du disque on ne comprend pas trop ce qui vient de se passer. On en ressort groggy, un peu sonné, désorienté pour tout dire. On vient de passer une quarantaine de minutes entre les mains d'une sorte de magicien du son, transporté dans un monde qu'on n'imaginait même pas. Je viens juste de découvrir Richard Skelton hier mais je crois que je n'ai pas fini d'en parler dans mes prochaines notes.

 

tagger!!!!!!!!!!!

18866980.jpgorchidee_rouge_boule.jpg41h5g1QdKoL._SS400_.jpgimageserver?src=WI713325&ext=x.jpgJe viens de me faire tagger par Titam. Le principe voudrait que je mette 7 photos + 7 adresses de blog. Les 7 photos, c'est possible, mais pour les blogs,  il suffira de cliquer sur la colonne de droite, il y en a juste 7. Ah oui j'oubliais, le thème c'est la couleur rouge.feuille-rouge.jpg42%20Rouge.JPGindex.php?page=Attachment&attachmentID=2179&h=8a4cda0154050ab6e727dd1bad3791db93b71faa&s=df9d853545df1f6b4b4e8b0915117685fa925111

22.07.2009

l'inaudible du jour

Après avoir fait un détour du côté du métal, je reviens à la case world. Après le sublime tradition in transition et son jazz afro-cubain pour maison de retraite, je vous présente là maintenant un nouveau concept. Le musicien africain qui ne s'est pas encore rendu compte que nous sommes à la fin des années 2000. Celui à qui on a du refiler tout le matos des années 80 pour se débarasser. Bande de salauds va ! Quand on entend le résultat, on se dit qu'il y a des baffes qui se perdent. Alors je vais quand même faire les présentations : l'artiste c'est Hugh Masekela, Africain du Sud.51dJ4MUFvGL._SS500_.jpg L'album, phola. Apparemment Masekela est trompettiste, bugliste et cornettiste, bref il vente à tout va et plutôt bien. Ça s'entend. Le problème avec phola, et il est énorme, c'est qu'à peine sorti il est déjà daté. Mais pas années 2000, non, années 80. Le premier titre fait illusion pendant près d'une minute trente : une guitare folk égrenne une rytmique sympa, très brésilienne,  tandis que la trompette de Masekela se greffe dessus avec classe. Ensuite ça part en vrille : déboulent d'on ne sait où la batterie et les synthés. Pour le pire. La batterie mise en avant comme je ne l'avais plus entendu depuis les horreurs que je vous mets en ligne chaque semaine et les synthés sortis tout droit d'à nous les petites anglaises. Là ça fait très mal. Arrive ensuite ghana et son orgue bontempi programmé sur ryhtmique jazz et Masekela au chant. Il chante pas mal le gars hein, mais là, dans ce style si vous voulez, Terry Callier a fait la même chose il y a près de quarante ans avec autrement plus de classe et de talent. Arrive après bring it back home et son piano choppé à mistral gagnant de Renaud. Et toujours cette impression d'entendre du Terry Callier de très bas étage. Après, j'avoue, j'ai abandonné. Lâchement. Pour deux raisons: la première, celle qui me gêne le plus, comme je vous l'ai expliqué précédemment, c'est la production hyper datée. A la limite, Johnny Clegg c'était bien meilleur car plus sincère malgré tout le côté hype de l'époque et Mory Kanté, en dépit d'une production datée, avait apporté quelque chose de neuf qu'on ne retrouve en aucun cas ici. C'est de la world-pop-jazz-variétoche facile ciblée radio nostalgie ou france bleue. A éviter donc. La seconde, malgré tout ce que je peux vous faire croire, c'est que je ne suis pas masochiste. Tordu oui, masochiste non. Quoique...

 

21.07.2009

la course à l'inaudible

Je vous ai présenté dans mon avant-dernière note une daube afro-cubaine du nom de Quantic & his barbaro combo non ? Bien. Je vais continuer mon chemin de croix. Là je vais officier dans un domaine que vous n'aimez pas et continuerait, à juste titre, à détester : le métal. Je viens de m'enfiler il y a 2 jours deux nouveautés. A côté desquelles Quantic est un chef-d'oeuvre de sensualité, de finesse. Les deux merdes groupes en question sont français et américains. On va commencer par le meilleur : l'album the great cessation de YOB (l'américain). Je sais je m'attends au jeu de mot pourri : Yob (laid). Je l'ai fait, c'est bon. A vrai dire là-dedans il n'y a en effet que le jeu de mot de bon. Le contenu par contre c'est autre chose. YOB en principe c'est du doom, stoner metal, bref basse énorme, section rythmique sous tranxène et hurlements de rigueur. Jusque là dans le dernier Yob (i, yoba des yipsi king) y a tout. Cependant il y manque une chose, le principal, l'inspiration. Car pendant l'heure que dure le disque, il ne se passe rien. C'est du vide abyssal. Ca s'époumone tant que ça peut, ça fout les potards à fond mais c'est à peine plus crédible qu'un groupe amateur enregistré au fonds de la cave. Y a pas une mélodie à se mettre sous la dent, pas un semblant de début de tension, rien. Le problème avec Yob, c'est qu'ils en sont quand même à leur cinquième album et qu'ils ont sorti, après leur split en 2005, il y a deux ans, sous le nom de middian, un excellent disque. Alors que s'est il passé ? besoin de fric ? envie de retrouver les sensations d'enfance quand ils enregistraient dans la cave ? A vrai dire , je m'en tape mais je sais une chose, c'est que the great cessation porte bien son nom. En espérant qu'ils cessent définitivement

Maintenant passons au fin du fin. Aux français. Eux méritent le titre de plus belle daube de l'année, d'album le plus moche de la décennie et surtout de finir dans une poubelle de laquelle ils n'auraient pas du sortir. Le groupe s'appelle donc Vokqrre (burps). Déjà le nom évoque plus le vomi, le vieux, le rance qu'autre chose. Ensuite la pochette. J'avoue m'être bien poilé en la voyant. Tous les clichés sur les métalleux gothiques y sont : cheveux longs noirs, maquillage outrancier, pose rebelle-attitude page 23 d'Adam et Eve, photo noir et blanc crade et écriture gothique. Ça sent l'originalité à plein nez. Ensuite la ...hum... musique. A côté Yob c'est Mozart, c'est d'une subtilité incroyable avec énormément de variations. Là c'est même pas enregistré dans la cuisine mais directement au fond de la cuvette des chiottes par deux amateurs qui viennent juste de recevoir leurs guitares désaccordées et en kit par dessus le marché. Les cours de batterie ils les ont eu chez Daniel Johnston période it's spooky et le chant n'est ni guttural ni impressionnant non, seulement ridicule, traumatisant et surtout à se pisser dessus. Et puis en parlant de clichés, j'ai oublié de vous toucher un mot des titres , magnifiques et sans équivoques : nécrose du cristal, requiem de la débauche, pourriture noble... avouez que c'est mimi tout plein et bourré de poèsie cruelle. Pour moi ce sera très certainement l'album qui décrochera la palme du worst of 2009. Un pur chef-d'oeuvre dans son genre.Voqkrre.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autrement pour revenir à de la musique dite normale, et que je ne vous conseillerai pourtant pas, j me suis aussi écouté un nouveau groupe : Blindfold. Bon, autant l'avouer, comparé aux deux autres que je viens de décrire, c'est plus qu'écoutable. Cependant si, comme moi, Coldplay vous gonfle, Radiohead vous énerve, alors passez votre chemin. Il s'agit là d'une copie carbone des deux pré-cités en moins bien. Ajoutez par là-dessus un zeste de Buckley (Jeff pas Tim) et vous aurez un album lisse et inintéressant au possible. Bon sur ce je m'en vais me réécouter, sur les conseils de Kaloo, le nouveau Warlocks qui est ma foi fort bon. Enfin un bon album de drogués qui prend la relève d'un Bardo Pond un peu en pilotage automatique en ce moment.

20.07.2009

100ème

Ayé !!! C'est ma centième note !! J'avoue, j'ai un peu de mal à y croire. Je ne pensais pas, quand j'ai débuté ce blog, parvenir à ce chiffre aussi aisément. J'ai toujours considéré les blogs comme superflus et inintéressants. Alors de là à en faire un... Enfin superflus et inintéressants c'est un peu dur là. Quand j'ai commencé à en feuilleter quelques uns (titam ou encore cinetic mess... au hasard) je me suis dit que ça pouvait être drôle et bien foutu. Jaloux comme pas deux, je me suis lancé dans l'aventure. Pensant que ça ne durerait pas longtemps. 6 mois que ça dure, avec des hauts des bas, des découragements, beaucoup d'encouragements de votre part (et je vous en remercie.), pas mal d'incompréhensions aussi (mes perles certifiées 80's semblent générer beaucoup de désarroi. Je ne comprends pas.). Bref, jusque là c'est assez chouette.

Allez, pour ma centième je ne parlerai pas musique mais film. Ze film. Celui qui m'a traumatisé au plus haut point, qui me remue tripes et boyaux à chaque vision. Celui qui reste pour moi une expérience totale. Qui utilise tous les sens intelligemment. De quoi s'agit-il alors ? D'un film russe de 1985, réalisé par Elem Klimov, sur la seconde guerre mondiale. Le titre français, racoleur et à côté de la plaque, est requiem pour un massacre. Le titre original , idi i smotri, lui convient bien mieux : va et regarde. Le synopsis est simplissime : un enfant de 15 ans s'engage dans l'armée russe pour combattre les nazis. Point barre. Le traitement lui l'est moins. La guerre vue à travers les yeux d'un ado qui va perdre complétement son innocence a été traitée dans d'autres films, hope and glory de Boorman ou l'empire du soleil de Spielberg par exemple, mais aucun n'est allé aussi loin dans la barbarie, l'horreur. Et pourtant on ne voit rien. Tout est suggéré. L'intelligence de Klimov est là : dans une scène, terrible, Florya (le "heros") 51zAIPtMeaL._SS500_.jpgretourne avec Glasha dans son village natal pour retrouver sa mère et ses deux soeurs. Ne les trouvant pas à la maison, il s'en va les chercher dans une petite île dans les marais. Ce que lui ne sait pas et que Glasha finit par savoir accidentellement c'est que tout le village a été décimé. Un seul plan, furtif, nous montre l'horreur avec l'enchevêtrement  des corps derrière une maison que Glasha, seule, voit. Pas de pathos, pas de musique lyrique soulignant l'horreur. Les faits, bruts. L'anti soldat ryan en quelque sorte, pas de surenchère dans l'horreur ou d'hyperréalisme, non rien de tout cela. Idi i smotri serait plutôt une sorte de poème, épique. Un film naturaliste, cru. Un hymne à la nature mais pas à la nature humaine, capable d'engendrer la barbarie à partir de l'innocence. Il faut voir la dernière scène du film, bouleversante, retraçant à l'envers le parcours d'Hitler pendant que Florya tire plusieurs fois sur son portrait encadré. Parcours qui s'arrête sur la photo d'Hitler bébé dans les bras de sa mère pendant que Klimov filme en gros plan le visage ravagé, bouffi par la haine, la peur, l'incompréhension d'être encore en vie, de Florya. D'ailleurs, la performance  du jeune Alexei Kravtchenko, acteur amateur dont c'était là le premier film, est absolument prodigieuse, stupéfiante. Sa décomposition progressive, son évolution de l'innocence de l'ado au statut de vieillard prématuré, traumatisé par ce qu'il a vécu, filmée en gros plan, est quelque chose d'extraordinaire, d'une intensité rarement vue ailleurs. Idi i smotri est en soi une expérience terrifiante. C'est un film viscéral autant que cérébral, quelque part entre le Kubrick de full metal jacket et Tarkovski. Doté de plus d'une B.O magnifique, mélange de classique et d'expérimentations, qui colle parfaitement aux images, à l'ambiance et d'une bande son incroyable (le moment où un obus éclate près de Florya et Glasha est affolant de réalisme : on se retrouve véritablement dans le crâne de Florya. ). Je l'ai vu la première fois à 15 ans, il m'a laissé hagard, estomaqué. A la fin, je savais que je tenais là mon film de chevet. Le maître-étalon insurpassable. Je l'ai vu une seconde fois il y a à peine un an. Sa ressortie en dvd n'a pu se faire qu'en 2008 grâce aux éditions potemkine. 23 ans d'attente pour le revoir quand même. Non seulement ça a confirmé ma première impression mais j'en suis sorti plus bouleversé encore, la boule au ventre et le paquet de mouchoir à portée de main. Idi i smotri est unique et Klimov un grand. Préparez vous, quand vous le verrez, à quelque chose d'extraordinairement intense. On en ressort différent.

Un extrait ci-dessous. Sachez que le film est entièrement visible avec des sous-titres anglais sur youtube. Mais préférez la version dvd c'est autrement plus intense.

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