30.08.2009

Jen Cloher

Juste une note sur un excellent album sorti il y a un peu plus d'un mois et qui va certainement tombé dans l'oubli très rapidement. Celui de Jen Cloher & The Endless Sea : hidden hands. D'une part à cause d'une pochette plutôt hideuse et d'autre part d'un style pas vraiment...comment dire..... porteur ?? Une sorte d'americana, folk countrysante électrique à mi-chemin entre la variété et le rock alternatif. En gros quelque part entre Carina Round et Over The Rhine. Style bâtard s'il en est. Capable du meilleur comme du pire. Du déjà entendu des centaines de fois me direz vous. Probablement mais on est plus près ici de la classe du disconnection de Carina Round que de Melissa Etheridge au hasard. Ou encore de la sophistication d'une Marissa Nadler. Là dans ce disque tout paraît sincère, brut, sans fioritures tout en étant réfléchi. C'est putassier mais avec classe, la voix de Cloher faisant probablement la différence, capable de rage comme de douceur, formant un équilibre fragile entre les deux. Les arrangements oscillent entre la sophistication et la simplicité, c'est chiadé, intelligent et surtout très beau. Il est long en bouche (une seule écoute ne lui rend pas justice car on peut facilement être tenté de le zapper) subtile et d'une immédiateté ahurissante. Une fois familiarisé avec les chansons on peut aussi s'émerveiller sur une production aux petits oignons, mettant en relief toutes les subtilités de ce disque, faisant apparaître ici un banjo, là un choeur, ailleurs un violon tendu. Bref il s'agit là d'un album qui va finir illico presto dans les bacs à soldes, trop middle of the road, le cul entre deux chaises. Putain de monde de merde bouché à l'émeri.

Pochette de l'album : l_0e2f410f20bb4490a7b47308a2856faf.jpg

Pour écouter le dernier morceau de cet excellent album : 09-watch-me-disappear-mp3

sinon un extrait du précédent :

29.08.2009

vous souvenez-vous ?

Vivien Savage : la p'tite lady.

Pourquoi ??? me dira Esther. Ma réponse va être simple : j'ai ce morceau dans le crâne depuis trois-quatre jours et comme je me sens de nature altruiste actuellement (non non ne me remerciez pas, c'est tout naturel), je tiens tout naturellement à vous le faire partager. Je ne suis pas certain qu'il était vraiment tombé dans l'oubli mais comme c'est un morceau franchement indécrottable une fois entendu, je me suis dit : pourquoi serais-je le seul à subir ça ?

28.08.2009

les larmes de la peur (mon dieu, quel titre de merde)

Je sais : j'écris rien pendant je ne sais combien de temps, je ne donne plus de signes de vie hormis de façon sporadique et quand je réapparais c'est pour vous parler de merdes des années 80 : Tears For Fears, song from the big chair. Le problème ici c'est que, contrairement à toutes les daubes que j'ai mises en ligne dernièrement, j'aime vraiment cet album. J'ai bien eu une période où je disais à qui voulait l'entendre que TFF était un groupe pourri (ce qui n'est pas complétement faux : l'album the seeds of love, à part le morceau titre, est vraiment à chier.) mais là j'avoue, le song from the big chair est un putain de classique qui, malgré le son très daté, vieillit extrêmement bien. Je sais, je vais recevoir des commentaires se foutant royalement de ma gueule, me disant que j'ai vraiment des goûts de merde et j'assumerai sans problèmes. Mais là, depuis une dizaine de mois, je me rends compte que je le réécoute de façon régulière avec toujours le même plaisir. Ok, certains morceaux sont limites (la scie everybody wants to rule... est pas le meilleur morceau loin de là ou encore le très Peter Gabrielien listen est franchement pénible ) mais shout, the working hour ou i believe restent de vraies tueries. Pourtant le saxo atroce de the working hour, couplé aux synthés cheap devraient me faire fuir à toutes jambes tant ça pue les années 80, tant ça sonne le clinquant mais il y a une telle efficacité, une telle évidence mélodique que j'en reste sans voix; j'en ai des frissons chaque fois que je l'écoute. Shout est tendu juste comme il faut pour que le morceau soit passionnant, i believe et son ambiance jazzy est une grande réussite. L'album est varié, extrêmement putassier certes, mais  reste un des seuls gros succès de ces années de merde que je peux écouter sans me lasser. Mais bon, là je sais que mes oreilles seront loin d'être votre guide spirituel et à vrai dire je m'en fous. Il y a des disques comme ça qu'on aime sans savoir vraiment pourquoi, on sait que c'est franchement la honte mais allez comprendre quelque chose. Les bas instincts peut-être. Ou alors l'atrophie du cerveau ou encore les conduits auditifs mal débouchés.

19.08.2009

Confo vs la caf

début juillet : premières inquiétudes. La machine à laver familliale donne quelques signes de faiblesse. Ca pue le crâmé, le linge est mal lavé et le cycle ne se termine pas complétement. Qu'à cela ne tienne, on retente un lavage en terminant le cycle sans trouver ce qui a pu crâmer. On commence à se dire qu'on va devoir changer de machine. Plusieurs lavages plus tard, après avoir compris que le joint se désagrégeait au fur et à mesure des lavages, on se dit qu'on va changer la machine. Sachant que nous avons le droit au prêt caf, on tente le coup. 15 jours maxi, voilà ce qui est dit quant à la durée maximale d'attente. 12 juillet on envoie le dossier à la caf. Le 16 réception. Envoie du dossier de prêt chez nous aussitôt après. Renvoie du dossier dûment complété 3-4 jours plus tard. Une affaire qui roule se dit-on. Seulement entre deux, on se retrouve sans machine à laver. Elle est morte. Tambour désaxé, joint bouffé. Paix à son âme. Début de la galère. Réception du courrier le 24. Vite on court les magasins à la recherche de la perle rare. On la trouve chez confo. Entre deux, on lave le linge à la main. Et là on se rend compte de l'utilité du progrès. Si on peut se passer aisément d'un lave-vaisselle, le lave linge c'est autre chose. Surtout dans un foyer de cinq personnes. On renvoie la facture à la caf. Traitement du dossier le 27. Si on fait les comptes, ça fait déjà onze jours sans machine. Et là, le trou noir : à partir du 27 juillet, plus de nouvelles. Coups de téléphone à la caf, pour leur dire que notre situation est urgente. Ils nous comprennent tout à fait. Et appuient notre dossier. Le 7 ou 8 août, réception du courrier nous confirmant l'acceptation du prêt. Direction confo pour réserver la bête. On fait le versement. Heureux que nous sommes. On se dit plus que deux ou trois jours à galérer. Et bien non malheureux. On renvoie la facture à la caf qui, le 12, nous renvoie une lettre pour confirmer le versement des fonds. Fin de l'épisode me direz-vous. A la caf oui. Le boulot a été fait avec un peu de retard dans le traitement mais c'est bon. Par contre, côté confo là c'est le grand n'importe nawak. Le versement est fait le 12 par la caf. Donc  pour nous, c'est bon, on se dit que le treize on va l'avoir notre lave linge. Ouh là malheureux !!! tu crois donc encore au père noël !!! Que nenni. Chez confo, on est cons jusqu'au bout des ongles. On leur téléphone pour leur dire que c'est bon, la caf a versé les fonds. En gros on est prêt à aller la chercher. On leur explique que ça fait déjà un mois qu'on a plus de lave linge. Ah ben oui mon bon mossieur on vous comprend bien mais il va falloir attendre : on n'a point reçu les fonds  nous, chez confo. Et puis quand on les recevra, on vous préviendra. Qu'à cela ne tienne, il faudra prendre notre mal en patience. Le 16 toujours pas de nouvelles. On retéléphone. Ben non mossieur, pas de fonds versés. Le 18, on reçoit un courrier comme quoi l'article réservé est disponible. Là, je sais pas pourquoi, on s'est dit : vu comme ils sont un brin cons chez confo, on va téléphoner. Et là, bingo : intuition féminine ou je ne sais quoi d'autre, au bout du téléphone, une standardiste me dit : Ecoutez monsieur, les fonds n'ont toujours pas été versés, le courrier que vous avez reçu est un courrier informatique qu'il ne faut pas prendre en compte. Je suis heureux de ne pas l'avoir eu en face de moi à ce moment là. Je crois que je l'aurais démolie. Le 19, aujourd'hui donc, ça fait plus d'un mois qu'on est sans lave linge. La situation n'est plus tenable. On lave le linge au jour le jour, ce dont on a le plus besoin. Dans notre malheur, on a de la chance: il fait une putain de chaleur. Je rappelle confo aujourd'hui pour demander s'il ne serait pas possible de laisser un chèque de caution et ramener le lave linge parce que là c'est horrible. Et je tombe sur une standardiste qui me répond : non monsieur mais c'est normal que vous n'ayez pas encore de nouvelles, le versement se fait en règle générale 10 jours après la date donnée par la caf. Là tout d'un coup me revient mes origines corses et l'envie très forte de plastiquer le confo d'Alençon. En gros, si je comprends bien : le versement a été fait le 12. Donc je devrais logiquement avoir la machine à laver le 22. Seulement le 22 c'est samedi. Pour le versement rien n'est moins sur. Donc ça repousse au lundi. Sachant que la plupart des banques sont aussi fermées le lundi, on devrait l'avoir le 25 août. 1 mois et demi pour avoir une machine à laver, c'est de la folie. Et plus jamais je ne ferai appel à confo, ce sont des enflures de première qui n'hésitent pas à vous laisser crever la gueule ouverte. Surtout quand ils savent qu'ils vont être payés. Je sais , vous vous en foutez mais je me dis vivement que j'aille la chercher, je sens qu'il va y avoir du sport.

18.08.2009

gelée

- Alors très cher, qu'en pensez-vous ?

- Un cas fort complexe ma foi. A vue de pif, je dirais une schizophrénie paranoïde.

- N'exagérons rien cher confrère, je conçois certes qu'il s'agisse d'une bicéphalite schizoïde mais de là à y voir de la paranoïa... bon, je sais, sur les soixante douze minutes d'entretien nous avons clairement vu que notre patient se scindait en deux entités opposables. L'une charmante, innovante, légère, allant de l'avant. Aimable, accueillante, polie. L'autre face à l'opposé de ce comportement, à savoir sale, mal commode, inquiète, voir rageuse.

- Ne pensez-vous pas que nous aurions là affaire à une Psychose Maniaco-Dépressive ? Les symptômes décrits pourraient y faire penser, non ?

-Certes, cependant la première demi-heure d'entretien ne nous décrivait en aucun cas une activité maniaque, bien au contraire. Je dirais qu'il s'agissait d'une activité réfléchie, posée. D'une prise de contact douce, se référant à de grands anciens, puisant dans certaines sources. Un melting pot convoquant l'âme, la légéreté du grand ordonnateur Brian W ou encore, mais cela est très préoccupant connaissant son état psychique actuel, le grand Phil S. Bon il faut avouer que la référence, dès le début de cet entretien, à la femme de L.A, avait de quoi désarçonner. Pourtant la façon dont il a repris le contrôle de lui-même fut très impressionnant. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle je ne crois pas en une psychose maniaco-dépressive.

-Mmmmm. Théorie fort intéressante et qui tiendrait debout si, arrivé la trente quatrième minute, le ton ne changeait complétement. Personnellement, si vous permettez que j'expose ma théorie, j'appuierai mon diagnostic de PMD sur plusieurs points. Dans la première partie le discours était volubile, habile, enchanteur, court. La suite nous montre le patient plus renfermé, tendu, ressassant sur neuf minutes des obsessions valentinesque. Obsession dont il n'est jamais réellement parvenu à se défaire. On voit très bien le comportement d'un dépressif : le repli sur soi, l'envie de ne communiquer avec personne. Il n'y a qu'à écouter les onze minutes suivantes. Un repli évident, un syndrôme dépressif en opposition totale avec la première moitié de l'entretien. Il murmure, bafouille, ressasse encore d'autres obsessions, psychosissiennes cette fois-ci. Puis arrive l'explosion pendant le dernier quart d'heure. Une rage qu'il ne peut plus contenir. Je vous le répéte : il s'agit là d'un cas de PMD. C'est évident.

- Je crois que nous avons raison l'un comme l'autre concernant la bicéphalite schizoïde. Par contre je ne vous soutiendrais en aucun cas sur la PMD, le cas me paraît un chouïa plus complexe que cela. Je pencherai plus, après discussion, pour une schizophrénie simple avec dédoublement de la personnalité, comportement irrationnel en fin d'entretien, délires pauvres. Bref, un cas passionnant, que l'on pourrait très bien retrouver dans les cas de fin d'année.

- Possible en effet. Sur ce cher confrère, je vous remercie de m'avoir accordé cet entretien et d'avoir éclairé un tant soit peu ma lanterne. A bientôt.

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17.08.2009

album mon amour !!!!

Imaginez : M Pokora est le nouveau sauveur du R'n'B, le nouveau Stevie Wonder. Son dernier single s'est vendu à 8 millions d'exemplaires grâce au net. Heureusement pour lui, le  single est en pleine recrudescence depuis que le format album est devenu obsolète. Trop cher, trop intellectuel, seule une bande de vieux cons nostalgiques considèrent qu'un artiste ne peut pleinement s'exprimer que par ce format. Ils font certes de la résistance mais depuis que ces intellos de Radiohead ont décidé que l'album ne présentait plus aucun intérêt et que le trublion Gonzales, recordman du monde du concert le plus long de toute la planète terre de l'univers, a lui aussi décrété la mort de ce format, les barbus défenseurs de ce format de merde n'ont plus eu qu'à fermer leur sale gueule de con. Bien évidement tout cela n'est aucunement du à une quelconque panne d'inspiration de la part des deux artistes pré-cités, il s'agit là d'une réflexion mûrement réfléchie comme quoi le format mp3 empêcherait n'importe quel groupe de faire des albums. Bon l'avénement du single n'a pas eu que des bons côtés, je dois l'avouer. Il y a eu des dommages collatéraux. Des artistes aussi essentiels que Johnny Halliday, Michel sardou se sont rétamés, incapables de s'adapter. Heureusement la nouvelle garde des Rénan Luce, Bénabar et consorts s'est elle bien prise au jeu et nous offre régulièrement des singles absolument merveilleux, du bonheur ciselé en 3 minutes, prenant là la relève d'artistes oubliés comme Goldman. Autre avantage qu'a eu l'avénement d'internet et des singles, c'est la disparition de certains genres musicaux. J'en parlais à mon professeur de musiques extrêmes, et néanmoins ami, Guillaume, toujours nuancé dans ses propos, le métal n'aura pas survécu et c'est tant mieux !!! Tous ces satanistes hitlériens jouant de la musique pour sourdingues sont devenus une minorité dont on entend plus parler et ce n'est pas un mal. La disparition du jazz aussi est unje bonne chose. De toutes façons ce n'était pas de la musique, c'était des soit-disant musiciens soufflant n'importe quelles notes dans leur saxo pour faire genre, des trucs insupportables pour pseudos intellos. Le jazz est mort ? tant mieux !!!

bon trève de conneries, entendre dire que le format album est en train de crever me fait doucement marrer. Ce n'est pas parce que certains ne sont plus capables de réfléchir sur la longueur, la cohérence d'un disque, qu'il faut y voir sa mort prochaine. On nous a déjà fait le coup avec la mort du vinyle il y a plus de vingt ans (il ne s'est jamais aussi bien porté qu'actuellement, n'est-ce pas Esther ?), on nous a prédit la fin du format cd avec l'arrivée du mp3, la fin du vinyle encore avec la cassette enregistrable. Maintenant voilà que l'album vit ses dernières heures ? Demandez à des groupes comme Yo La Tengo, Negura Bunget, Blut Aus Nord, Fat Freddy's Drop, Sunn O))) ou encore Bill Callahan si le format album est mort ! Il existera toujours des artistes, des labels, pour penser la musique comme un tout et non comme une pompe à fric. La musique est un art, populaire ou non c'est selon la sensibilité de chacun, qui évolue sans cesse. Maintes fois on a prédit qu'elle allait crever, maintes fois elle s'est adaptée brillamment à son époque. Alors ce n'est pas parce qu'un groupe soit disant respecté ne peut plus aligner une dizaine de morceaux à la suite, qu'on est obligé d'y voir la fin d'une époque. Le format album est mort ? Tant mieux, des artistes sauront le faire revivre ad vitam eternam. Et qu'on nous fasse plus chier avec ça.

16.08.2009

expliquez moi

Ma première note depuis pfffff .... au moins ça, et je viens de voir mes stats : je n'avais jamais autant eu de visites que ce mois-ci. Donc moins j'écris, plus on vient me voir. Remarquez, ce n'est pas pour me déplaire. Ayant des origines corses (du côté de Corte pour ceux que ça intéresserait), le travail me fatigue. Penser une chronique est aussi épuisant pour moi que bosser huit heures dans une usine. Ne vous détrompez point, ce n'est pas pour cela que j'arrêterai d'écrire ce qui me passe par la tête dans ce blog. D'ailleurs je n'ai aucunement l'intention d'arrêter mais comme ma nature reprend facilement le dessus j'écris de façon plus sporadique. Et je dois avouer aussi que mon PC est sous les combles et quand il fait trente dehors, il faut rajouter une bonne dizaine de degrés dans la pièce. Donc à moins de vouloir être suicidaire, j'évite de l'approcher en ce moment.

Allez pour la route (du rock à laquelle je ne suis pas et pour laquelle je nourrirai des regrets éternels -cf My Bloody Valentine-) un Yo La Tengo de sous les fagots (ami poète bonjour) pour rappeler que leur nouvel album, popular songs, est absolument excellent.

08.08.2009

reprises

Les rééditions, la plupart du temps, ça me gonfle. Remasterisation qui sert à rien, inédits qui auraient mieux fait de le rester. Bref, c'est souvent inutile voir parfois pitoyable ( confère la réédition du forever changes de Love gonflée aux hormones, ça tenait plus du massacre que d'autre chose). Puis, parfois, un miracle se fait entendre. Sur les conseils de l'ami Esther donc,  je me suis procuré la remasterisation du harvest du grand Neil Young. Et là croyez le ou non, miracle!. C'est donc un album mythique, le plus gros succès de Young, qui a été passé au karcher, rasé de frais afin de devenir présentable. Il est vrai que la production de 72 lui donnait un je-ne-sais-quoi de moisi. Ca sentait franchement le renfermé chez Neil Young, la vieille barbe pas entretenue, le patchouli rance. Chansons excellentes donc ( mention spéciale à words) mais étouffées par une prod' limite claustro. Or donc là plus rien de tout cela. Enfin presque. Les chansons sont toujours présentes (je sais, je vous prends quelque peu pour des cons. Mais ça me fait plaisir.) mais la production a été repensée complétement. La voix de Young est plus proche, plus cristalline que jamais, les guitares ont un autre éclat, la batterie n'est plus étouffée. De lourd, pesant, c'est devenu aérien, léger comme une bulle de savon. Tous les morceaux en ressortent grandis, une subtilité nouvelle apparaît, ils se retrouvent transformés, ont une nouvelle jeunesse. Words d'ailleurs en bénéficie plus que tous les autres, faisant ressortir le côté tragique, poignant, le transformant en diamant brut. Bref c'est un peu docteur Jekyll & mister Hyde tout ça. On a franchement l'impression d'écouter un autre disque, de redécouvrir ce chef-d'oeuvre sous un autre angle. Rien que pour cela on pardonnera le faux pas énorme qu'est fork the road, nouvel album tout pourri sorti cette année.

Bon sinon autre réédition à laquelle je ne donnais pas cher, c'était celle, sortie il y a deux ans, du très bon steve mc queen de Prefab Sprout. Là c'est un peu différent. Pas vraiment de dépoussiérage ici, une dynamique un peu plus élaborée dira-t-on mais ce qui est absolument poignant dans cette réédition, c'est le second disque. Reprise de Paddy Mac Aloon de ses propres morceaux, enregistrés en acoustique. Et je dois dire que le résultat est saisissant de beauté. Bonny par exemple y gagne en grâce, en émotion et révéle le talent intouchable de Mac Aloon à confectionner des pop songs d'anthologie. Guitare, voix, harmonica, on joue dans la même cour que Neil Young mais le résultat est à mille lieues de Young. Mac Aloon est le digne héritier de Mac Cartney avec qui il partage une aisance mélodique incroyable, la faculté, en trois accords, de torcher des pop songs inoubliables. Desire as morceau un peu longuet sur album brille de mille feux et finit par  retrouver une seconde jeunesse. Le seul problème de Mac Aloon, c'est qu'il s'est tout de même pas mal paumé après cet album. En nous faisant un from langley park to memphis boursouflé, grandiloquent d'où s'échappaient quelques excellents morceaux (hey manhattan, cars & girls) puis un jordan the come back d'un ennui abyssal, pop trop sophistiquée pour mes frêles oreilles. Il n'empêche que Steve Mac Queen, plus de vingt ans après tient toujours aussi bien la route et que ses versions acoustiques sont ce que j'ai entendu de plus beau ces dernières années. C'est fragile, miraculeux, émouvant. Bref cette réinterprétation se révèle être bien supérieure à l'originale et fait de cette réédition un indispensable qu'il faut à tout prix se procurer. Vous voilà prévenu.

05.08.2009

le morceau qui déchire, fait chialer, enfin ce qu'on veut quoi

bon me v'la de retour après quelque jours d'absence. Toujours aussi inspiré, je me suis demandé par quoi revenir. Je me suis dit qu'un morceau pourri des années 80 ça ne ferait pas spécialement classe, qu'une revue d'album c'était un peu hard pour moi (vu mon courage actuel ) puis je me suis souvenu de ce morceau de Nick Cave extrait de l'excellent henry's dream sorti en 1992. L'avantage de ce morceau c'est qu'il est tellement beau qu'il se passe de commentaires. Dont acte.

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