28.10.2009

la note bleue

 

Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous faire un historique du label blue note. Non pas que ça ne m'intéresse pas mais mes connaissances en jazz sont loin d'être pointues, et ce label historique a une telle histoire que je ne me sens pas le courage d'écrire un livre à ce sujet. Donc je clos la parenthèse pour en ouvrir une autre sur deux albums jouant dans les mêmes registres à savoir le spleen classieux. L'un est sorti cette année, l'autre en 1992. L'un me fait irrémédiablement penser à l'autre dès que j'en écoute une note. Sauf que celui sorti cette année est d'un niveau  inférieur au phantom & the archetypes de Paul Quinn & The Independent Group. Richard Hawley a sorti cette année, avec truelove's gutter, un véritable album de crooner, classieux, beau mais, comble de malchance, avec deux morceaux tuant la magie qui pourrait se dégager de cet album. Le faisant retomber à plat. Fort heureusement open up your door et ashes on the fire sont placées en début d'album ou presque et dans une moindre mesure for you lover give some time fait aussi retomber le soufflet. Reste les 5 autres morceaux, d'une beauté parfois sidérante ( soldier on, remorse code, as the dawns breaks), d'un dépouillement remarquable ( don't get hung up in your soul, une guitare/voix à vous coller des frissons) faisant remonter à la surface les fantômes de Presley ( blue moon), Sinatra, Chris Isaak, Walker et surtout, surtout, le phantom & the archetypes de Paul Quinn. Dont le remorse code pourrait presque être tiré. Alors pour tout vous dire, Paul Quinn a fait deux albums, remarqués dans les années 90 (the phantom & the archetypes et will i ever be inside of you), puis plus rien. Silence absolu depuis près d'une quinzaine d'années. On ne sait même pas s'il est encore actif, voir vivant. Le destin de loser absolu. Le type qui chante le catalogue de toutes les dépressions connues et inimaginables et finit par tomber dedans. Le gars dont on connaît, dès les premières notes, le destin de merde qui l'attend : en gros au mauvais moment, à la mauvaise place, à la mauvaise époque (My bloody Valentine, Oasis, comment rivaliser quand on sort un album de crooner dépressif ?), c'en est presque caricatural. Le type, génial, avec une voix en or plus profonde encore que celle de Scott Walker, Sinatra et Presley réunis, qui préfigurera la destinée en or massif que connaît actuellement Richard Hawley. Ignoré de tous sauf par une poignée d'auditeurs nostalgiques qui se demandent comme moi ce qu'il devient surtout en ces temps où Hawley cartonne avec son nouvel album. Pourtant, quand on écoute le phantoms, on ne peut être qu'interloqués par sa beauté, sa résignation, le rythme y est lent, tout est feutré, doux, mélancolique, la voix de Quinn est une caresse, bref c'est magnifique. Alors j'espère, je croise les doigts, je prierais même dieu si j'y croyais, que le succès récent de Hawley va le remettre sur le devant de la scène, le replacer à sa juste valeur, parmi les grands. Là je sais que je peux toujours courir, c'est pas prêt d'arriver.

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Commentaires

D'accord avec toi. Pour l'instant, je pense que c'est mon album préféré de l'année !

Ecrit par : jeffard | 29.11.2009

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