30.11.2009

The final countdown...1 (2000)

Alors les gros nases, on a commencé à effeuiller le calendrier ?? Déjà l'avent et son cortège de chocolat. Le compte à rebours a déjà commencé ?? Noel arrive à grand pas ?? Ca vous emmerde ?? Et bien au cas où vous ne l'auriez point remarqué, c'est la fin de l'année certes, mais c'est aussi la fin d'une décennie qui se profile à l'horizon. Et ouais, je sens que vous me voyez venir avec mes gros sabots !! Et si, pour fêter dix ans qu'on vient de se prendre dans la gueule, on se faisait un petit récapitulatif de ce qu'il y a eu de bien ces dix dernières années en matière de musique ?  Chouette comme idée non ?? et puis originale surtout tiens, personne n'y pensera bien évidemment. Je suis tout simplement un génie. Bon et puis pourquoi pas un top 100 ? 10 albums par an. Soyons fous tiens, commençons par l'année 2000.

Alors quoi de bon en cette année 2000 ? ça n'est que mon avis, et je suis sur que je serais le seul à le partager par ailleurs, mais il y a deux véritables C.O qui sont sortis cette année là. L'un dont je vous ai parlé il y a peu, le dead as dreams de Weakling, le second est un disque d'ambient plutôt raide à trouver mais absolument magnifique : le bone tree soundtracks de U-R-I. Le morceau d'introduction, effluvia I, vaut à lui seul l'achat du disque. Imaginez-vous dans la B.O d'un film inédit de Leone ayant pour thème la dévastation après une catastrophe nucléaire. Voilà le genre d'ambiance à laquelle vous serez conviés en écoutant cette merveille, comme si Morriconne s'était mis en tête de vouloir faire une musique si déprimante, si belle qu'après ça, la seule chose qu'il reste à faire c'est de se pendre. Joyeux comme programme non ? Autrement, parce que là il n'y en a que deux, je dois vous trouver huit autres perles. Facile : commençons par les français tiens. Cette année là, 3 perles françaises. Deux passées complétement inaperçues et une qui a cartonné. On commence par le corps et ârmes d'Etienne Daho. Et ouais, je suis un grand admirateur du chanteur hexagonale sans voix qu'est Daho. Et cet album est ce qu'il a fait de mieux, de plus touchant, le plus près de l'os, avec l'invitation, de toute sa carrière. Chanteur de variétés certes mais le gars qui redonne ses lettres de noblesse à ce genre facilement décrié (surtout par moi !!). Sur les deux autres français restant, il y en a un dont j'ai déjà parlé : le felk de Red (se reporter à la note faite il y a un mois ou deux) et il y a le C.O au noir de Mendelson, quelque part. Ovni dans la production actuelle française, équivalent pour moi du génialissime #3 de Diabologum, quelque part m'a littéralement secoué. Je l'ai reçu en pleine gueule à sa sortie, ne comprenant rien à ce qui m'arrivait. Comment un mec ( Pascal Bouaziz) pouvait avoir un univers aussi glauque, aussi désespérant tout en étant à pisser de rire, d'un humour noir épouvantable et d'une musicalité aussi complexe. Car oui ce qui est grand dans cet album c'est non seulement les paroles, crues, vaches, mais surtout ce mélange des genres musicaux, ce free-jazz qui fricote avec le rock, c'est complexe, tortueux, exigeant, ça vous prend pas pour des cons. Bref, c'est, avec l'imprudence de Bashung et le remué de Dominique A, un des rares albums français pour qui prise de risque (qui n'est jamais loin de prise de tête ) veuille dire quelque chose. La suite, 5 albums étrangers, demain

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29.11.2009

le morceau du jour

Ok le morceau du jour ne révolutionne en rien la musique, My Bloody Valentine a fait aussi bien il y a vingt piges sur isn't anything, mais bon dieu que c'est bon. Ce morceau de Health fait se mouvoir mon boule comme personne en ce moment. Et ça fait un bien fou. Le morceau, un tube énorme à mes yeux ou plutôt à mes oreilles, se nomme severin. De loin le meilleur morceau d'un album que je conseille par ailleurs fortement.

28.11.2009

vous souvenez-vous ?

L'amie Titam, dont je ne peux que conseiller son formidable blog,me faisait justement remarquer, dans un de ses derniers papiers, qu'il manquait un je ne sais quoi au mien. Interloqué par cet acte provoquant, j'hésitais entre lui envoyer mon gant à travers la gueule ou lui répliquer simplement que non, ce formidable blog qu'est le mien ne manquait justement de rien. Intelligent, de goût sur, drôle, fin, je ne vois vraiment pas ce qu'elle peut y reprocher. Dans ma bonté magnanime, je lui demandais de m'expliquer au juste ce qui pouvait la perturber à ce point. Elle me répondit du tac au tac, piquée au vif :

-Maître, j'ai un problème d'addiction aux années 80. Voyez ma subtile chronique sur Dead Or Alive. C'est là un appel au secours d'une eighties' addict. Maître, non, ne m'en veuillez point !!!!

-Comment ça, gourgandine ? tu oses dire que ton maître a manqué à ses devoirs ??? lui répliquais-je. Sacrilège, tu mériterais d'être molestée sur la place publique ou, pire encore, d'écouter en boucle Philippe Cataldo jusqu'à ce que mort s'ensuive.

-Qui ça ???

- Philippe Cataldo. Un trésor oublié des années 80, une perle sortie d'une huître avariée. Écrite par Jean Schulteiss et mise en musique, si on peut appeler cela comme ça, par Cataldo himself. Tu ne te souviens point ??? Clique en dessous, ça te rafraîchira la mémoire.

Une écoute suffit : la pauvre Titam me demanda pardon au bout de huit secondes, se jeta à mes pieds au bout de dix et mourut dans d'atroces souffrances auditives à même pas une minute. Ça lui apprendra.

27.11.2009

quelqu'un de bien

La vie n'est parfois qu'un brouet merdique dont la saveur âcre revient chaque jour vous rappeler à quel point elle peut être cruelle, dévastatrice. Je sais, habituellement je vous parle de musique, sérieusement parfois, mais la plupart du temps en déconnant.On cache ses failles comme on peut. Là, pour une fois, j'ai envie de me poser, parler sérieusement. Je développe : Vous rencontrez une personne, sympa, du moins vous la remarquez. Vous faites connaissance avec elle, vous dévelopez quelques liens puis elle vous invite à une fête. La fête se passe, normale. Deux trois semaines après elle revient vous voir, tremblante, en larmes. Vous prenez le temps de l'écouter, de vous poser à ses côtés. Et ce qu'elle vous confie au premier abord est effroyable, terrible. Vous la rassurez comme vous pouvez . Puis vous développez peu à peu des liens de confiance avec elle. Elle se confie, raconte sa vie et là vous la regardez en vous posant une question : Comment une personne si jeune, belle, a-t-elle pu s'enfermer dans une telle vie ? Vous vous retrouvez face à elle, intelligente, charmante, qui a de l'humour, tout pour elle, mais dont la vie sociale n'est qu'une façade. Quelqu'un de totalement dévastée, pour qui la vie n'est qu'un long supplice. Enfance gâchée, adolescence quasi inexistante et vie actuelle totalement bafouée. Vivant dans la peur, se sacrifiant et sacrifiant son bonheur pour une vie soit disant normale aux yeux de tous, elle n'est que failles, blessures, douleurs, brisée à un point que je n'ose imaginer. Et pourtant, malgré toutes ces épreuves, elle résiste, forte, droite, fière. Elle ne veut rien laisser paraître. Je ne sais si on peut appeler cela courage, résignation ou folie. Pour elle, c'est sa vie, son quotidien. Je ne suis malheureusement que le spectateur de son long calvaire, impuissant. Je reste néanmoins une épaule sur laquelle elle peut se reposer quand elle en a besoin, toujours à son écoute. C'est le moins que je puisse faire. Bien sur il existe quelques trouées de ciel bleu dans son univers mais ils sont si rares qu'on pourrait les compter sur les doigts d'une seule main. J'admire son courage, sa force, j'ignore cependant combien de temps elle survivra à ce traitement. Longemps je l'espère. Même si j'ai de nombreux doutes. Vie de merde tiens.

 

26.11.2009

la venue de milo.

Il est des disques qu'on découvre comme ça, presque sur un coin de table, caché sous d'autres sorties soit disant plus importantes, des hypes qu'on aura à peine consommée qu'on les a déjà oubliées. Oui, il est des disques qui ne font aucun bruit. D'une discrétion assourdissante, c'est à peine si on les remarque. C'est pourtant ces disques qui, une fois apprivoisés, écoutés, finissent par vous prendre par la main et vous accompagner un bon bout de temps. Le good morning jokers de Mi And L'Au est un album de cette trempe. Sorti en catimini en juin, good morning jokers n'a cessé de m'accompagner, de grandir en moi depuis ce jour. Qu'on se le dise, l'album n'a rien de révolutionnaire. De Léonard Cohen à Elysian Fields, de Tom Waits à Nick Drake en passant du jazz au blues, Mi And L'au ne fait que recycler ce qui s'est déjà fait depuis une cinquantaine d'années en matière de folk. Le génie, si on peut dire ça de ce groupe français, c'est qu'il y a derrière ces références une qualité d'écriture incroyable. Certes le rythme est volontairement lent mais derrière la simplicité apparente des morceaux se cache des gouffres, des failles, des mystères qui font que chaque écoute me donne envie d'y retourner. They're coming me bouleverse chaque fois plus, les arrangements, derrière la voix de L'au, graves, profonds, sont comme une invitation à les accompagner dans l'au-delà. Transparent, morceau suivant est d'une pureté, d'une délicatesse, d'une mélancolie sans équivalent cette année. Good morning jokers est un poison qui s'insunie lentement dans et entre vos oreilles pour vous contaminer peu à peu. Il y a tout de même une condition à cela : accepter la lenteur, langueur, de chaque morceau. Accepter aussi cette impression d'entendre parfois le même morceau (dancing & smiling et they're coming) mais la beauté, la délicatesse, la fragilité de ce disque finissent par emporter l'adhésion. Il est parfois des albums qui n'inventent rien (et n'ont aucunement l'intention de le faire) qui crééent cependant  un monde à part, qui leur est propre. Ceci n'est pas donné à tout le monde. Mi And L'au vient de le faire pour la seconde fois (leur premier album éponyme sorti en 2005 est lui aussi un très grand disque). Pour moi c'est la marque de grands groupes. Il ne reste plus maintenant qu'à Mi And L'au de rencontrer le succès qu'ils méritent. Ce n'est malheureusement pas gagné.61m-BO6pnEL._SS500_.jpg

 

25.11.2009

coyote à foi jaune

Il me semble que mon e-pote BB la bitch en a parlé mais je tiens tout de même à en remettre une couche : Lido de Th Faith Healers est un putain d'album. Sorti en 1992 en même temps qu'un autre album dont BB la Bitch a vanté les mérites il y a peu et dont je reparlerai aussi (le delaware des Drop Nineteens), lido, à sa sortie, a fait l'effet d'une sorte d'ovni dans le paysage musical anglais de ce début des années 90. Too near the bones chantait mon ami Morrissey du temps des Smiths sur that joke isn't funny anymore, l'album est en effet plus que proche de l'os : il le met à vif, le ronge. Le son est rêche, mal aimable, la musique est jouée soit avec des tronçonneuses soit avec des guitares désacordées, bref ça joue faux, vite, les potards dans le rouge, sans aucun second degré. Ca pourrait être insupportable et pourtant il y a chez eux un élément qui me paraît primordial : de la vie. De la sincérité dans tout ce bordel, une tension qui rend l'album brillant. Il suffit de jeter une oreille sur leur brillante reprise de mother sky de Can pour comprendre qu'ils n'étaient pas là pour rigoler. Si l'original était long, expérimental, brillant, il se retrouve ici complétement dépouillé, raccourci d'une bonne dizaine de minutes, et surtout il trouve une tension qu'il n'avait jamais eu auparavant, on sent le morceau prêt à péter n'importe quand. Ce qui précéde et suit ce mother sky est du même niveau, du même acabit, un véritable bloc de tension crade dont seul surnage la voix de Roxanne Stephens, repère auquel on s'accroche car entre temps on se retrouve bringuebalé par une sorte de bâteau îvre qui ne suit que ses pulsions et pour tout dire c'en est franchement jouissif. Seul petit bémol à apporter à ce grand disque, c'est spin 1/2, morceau orgiaque qui ramène le groupe sur terre, le refait coller à son époque, aux années 90, à madchester, à des Happy Mondays qui auraient pris la musique au sérieux, etc... Dommage, car hormis ce morceau, lido est atemporel. Difficile de le dater au carbone 14 si on n'a pas spin 1/2 dans les oreilles. Enfin, Th' Faith Healers est devenu, en 1992, le temps de ce formidable lido, le seul héritier légitime de Can. Ce qui n'est pas rien vous en conviendrez.51VlktcUUsL._SS500_.jpg

24.11.2009

bisounours

Le métal....... vous n'en avez rien à foutre ???? Des pseudo-démoniaques jouant avec des guitares sursaturées et beuglant des paroles du style : satan est mon ami, j'encule jesus et on va tous crever ( là-dessus ils n'ont pas tort) dans d'atroces souffrances. Ca vous intéresse pas, hein ???!!! Ben pas de bol car c'est précisément de cela dont j'ai envie de parler aujourd'hui. Weakling, groupe de black metal formé en 1998 et débandé (est-ce français ?????) en 1999, n'a sorti qu'un seul album ( dead as dreams) mais est devenu une référence incontournable dans ce style. Patati, patata, etc.... en gros, vous vous en foutez, je le sais bien mais j'ai quand même envie de vous en parler. Parce que, malgré vos représentations, les clichés véhiculés par ce style de musique, il s'agit là d'un très grand album. Pour allécher un peu le client indie-pop ne jurant que par les Smiths ( hein Esther ???) qui essaierait de se mettre un peu au metal, je dirais que dead as dreams se rapprocherait beaucoup de la secousse sismique relevée en 1991 par un certain spiderland. Même état d'esprit, presque le même nombre de morceaux (5), la même tension. Enfin, pas loin, Weakling est un poil plus tendu que Slint tout de même. On fait dans le black metal, ne l'oublions pas. Dans le progressif aussi. D'où la longueur un peu exagérée des morceaux (le plus court fait plus de 10 mns). Ben ouais quand même hein. Ca gueule, ça vocifère mais il y a une urgence, une progression dans les morceaux qui fait qu'on ne décroche pas d'un poil, pire même : on y adhère de plus en plus à chaque écoute.  Si tant est qu'on y retourne après la première écoute. C'est diabolique ce truc. Ca frise parfois le ridicule, joue avec les clichés (l'intro de dead as dreams tombe dedans à bras raccourci mais s'en relève avec un brio qui force le respect. sur les vingt minutes, seule une minute et demi donne envie de zapper, on se croirait chez Europe, c'en est effrayant. Après ce court moment d'égarement, les affaires reprennent, le guitariste qu'on vient de lyncher pour mauvaise gestion de sa guitare, revient dans les rangs, tout penaud, la bite sous le bras.) mais c'est d'une vitalité, d'une noirceur effrayante. C'est joué littéralement avec les tripes, on a vraiment l'impression que leur vie en dépend, on aurait même tendance à leur dire "détendez-vous les gars la vie n'est pas qu'un long chemin de croix". Il y a dans cet album un jusqu'au-boutisme qui frise la folie, les mecs vont à fond dans leur truc, se foutent de tout, explosent tout sur leur passage, si Attila avait fait de la musique, sur qu'il aurait sorti un album ressemblant note pour note à ça. Un vrai rouleau-compresseur quoi. La matrice du pillars de Fleshpress en somme. Et accessoirement le premier grand classique des années 2000. Alors, vous n'en avez toujours rien à foutre ??? M'en fous, je me suis fait plaisir en parlant de métal et qui plus est d'un grand disque tout court. Je sais, je serai le seul de mon lectorat à adhérer à ma théorie mais bon que voulez-vous, les génies sont souvent incompris....

23.11.2009

Dupont et Dupond

C'est marrant, il y a peu, un internaute fort éclairé me demandait : quid des Smiths ??? oui en effet, lui repondis-je. Fin de l'anecdote. A vrai dire, en me repenchant sur le cas des Smiths je me suis dit : c'est vrai que je n'en ai jamais parlé. Il s'agit pourtant là d'un mythe fondateur de la culture pop anglaise des années 80 et pourtant... ça m'est passé royalement au-dessus de la gueule dans les années en question, préférant me fourvoyer dans des tubes de merde plutôt qu'avoir le bon goût de me plonger dans leur excellente discographie. Avais-je tort ??? Ben, en découvrant tous leurs disques dans les années 90, je me dis que.......non. Non point que je n'aime pas leurs disques. Je reconnais un talent mélodique énorme au groupe, des paroles classes et un humour so british mais...ça m'emmerde. Au niveau production ça ne tient pas la route et je dois avouer qu'à part un how soon is now ? que je trouve formidable le reste de la discographie ne présente pas d'intérêt. The queen is dead, leur soit-disant CO ? rrrrrrrzzzzzzzzzz. On a souvent dit que les Smiths étaient les Beatles des années 80 mais où est l'inventivité, qu'ont-ils apporté de neuf à la musique de cette époque ??? Il y a un savoir-faire indéniable et Marr est un grand mélodiste/guitariste mais pour moi leur meilleur disque est sorti en 1994, 7 ans après leur dissolution , sous le nom de vauxhall and I, de Morrissey. Car là (Bruni) oui, je dois avouer que le vauxhall and I est bien le CO qu'auraient du pondre les Smiths. Un disque intense, adulte, émouvant, un disque de poids. La voix paraît enfin adulte, pas cette voix de jeune éphébe inconsistante non, quelque chose a mûri chez Morrissey. Il a le torse velu, la langue chargée, il devient un homme quoi. De plus, Il a fini sur ce disque par dompter le jeu de bourrin de ses musicos pour y apporter grâce et profondeur plutôt que graisse et épaisseur. Malheureusement, ça ne durera que le temps d'un album. Le reste de la discographie du mozz est franchement anecdotique voir mauvais (ses trois derniers albums sont catastrophiques) mais là en 94 la grâce et la classe étaient au chevet de Morrissey, lui laissant une chance de pondre un chef-d'oeuvre. Chance qu'il a parfaitement saisie.

19.11.2009

R.I.P

Décidément, tout fout le camp. Corinne Gorse n'est plus. Elle s'est éteinte, ce jour, un peu après midi. Dit comme ça on s'en fout, on se demande qui c'est celle-là et on finit par passer à autre chose.  Mais pour tous ceux qui, comme moi, écoutaient France Inter le dimanche midi depuis quelques années, c'est plutôt une terrible nouvelle. On savait que Kriss luttait depuis quelques mois contre une récidive du cancer du sein, on savait qu'elle devait ne pas être en très grande forme (elle avait abandonné les rênes de son émission à Marie-Pierre Planchon), on craignait la nouvelle mais on était loin de s'imaginer cela. Kriss, avait  61 ans, une voix de jeune fille, une espièglerie, une humanité, une tendresse que peu d'animatrices radio ont. Chaque fois que je commençais à l'écouter je me laissais prendre à l'intelligence de ses émissions (les portraits sensibles qu'elle faisait étaient une merveille, son Crumble était fort goûtu même si moins réussi que ses portraits.), sa voix, douce, rieuse, complice, sincère, me prenait par les tripes et ne me lâchait qu'au générique de fin. Elle prenait le temps d'écouter et d'extraire le meilleur de ses invités, connus ou pas. Sur inter hormis Zoé Varier, je ne vois pas d'autre équivalent à Kriss. Avec son décès, j'ai l'impression de perdre là une complice, une amie. C'est con, elle ne me connaissait même pas ( Elle perd peut-être pas grand chose me direz-vous.). Mais je crois que tous ceux qui ont été accros à ses émissions ressentent un peu la même chose que moi. Une infinie tristesse.

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18.11.2009

le morceau du jour

Tous les metalleux ne sont pas que des bourrins, des abrutis à cheveux longs tout juste bons à balancer leur tête de droite à gauche (et réciproquement) et se décrocher la mâchoire en hurlant des insanités mysthicosexuelles comme godisdeadorgay. Non. Certains ont même appris à jouer de leurs instruments de façon plutôt normale, à faire subtilement monter la pression, bref, à composer des chansons violentes certes mais avec talent. Enfin je dis ça parce que je trouve que dans le paysage métallo, hardcore punk, post-hardcore atomiko-neanderthalo-apocalyptique, Converge fait un peu figure d'exception. Comment un groupe avec un tel son a-t-il pu cartonner autant ??? Bon ce n'est pas inaudible loin de là, c'est très rêche, court, intense, ça hurle plus que ça ne chante mais pourtant c'est devenu une référence incontournable dans le domaine du metalcore. Peut-être parce que, malgré tout ce qui a été dit précédemment, Converge a un talent dingue pour trousser de vrais bombes efficaces, d'une intensité remarquable, une sorte de Fugazi qui se serait coincé les doigts dans la prise, qui aurait croisé le fer avec Claude François période "putain où j'ai mis l'ampoule à économie d'énergie ?!!", un Drive Like Jehu hardcore capable d'accalmies surprenantes. Il suffit pour ça de jeter une oreille à leur album jane doe, référence du groupe et modèle insurpassable de ce genre. Le dernier, axe to fall, sorti il y a un mois environ, est ce qu'ils ont fait de meilleur, de plus accessible depuis leur fameux jane doe. La preuve, le morceau présenté ci-dessous clôt l'album en beauté. Un album violent, certes, mais avec des plages vraiment chantées, voir parfois instrumentales et planantes. Un bon album qui ne finira peut-être pas dans mon classement de fin d'année je pense, mais qui  fait passer un agréable moment quand on a envie de se vider la tête, de cogner sur ses voisins, ou je ne sais quelle activité répréhensible. Un truc qui défoule quoi.

 

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