28.12.2009
jaune vs melody
C'est quoi le meilleur album français de tous les temps ? Pour moi, comme pour beaucoup par ailleurs, il s'agit d'un album de 7 titres, arrangé par Jean-Claude Vannier et annoné par un un Serge Gainsbourg au mieux de sa forme. Histoire de melody nelson donc. Là-dessus, pas de doutes, on dira ce qu'on en veut mais cet album a révolutionné la chanson française de fond en comble, concept album instillant une ambiance très cinématographique, prenant aux tripes, les tordant, y mettant un foutoir pas possible. Cargo culte finit, le silence après melody nelson est encore du Gainsbourg. Il faut facilement 5 minutes pour en décrocher et revenir à la réalité. Enfin, si je vous parle de Gainsbourg c'est pour mettre en valeur un album découvert grâce à Charlotte, fille de Serge. Sur IRM elle reprend le chat du café des artistes de Jean-Pierre Ferland. Oui, tout à fait ma bonne dame, Jean-Pierre Ferland.
Mais c'est qui ça, Jean-Pierre Ferland ? Simple : la réponse québécoise de Gainsbourg période Melody Nelson. En effet, en 1970, un an avant la sortie de melody, Ferland sortait l'album "jaune". Concept-album aux arrangements troublants de similitude avec le melody. Les arrangements du petit roi rappellent irrémédiablement ceux du ah melody ! , ou encore de melody, l'ambiance de chat du café des artiste renvoie directement au cargo culte ou encore l'hotel particulier, god is an american à en melody. La véritable différence entre les deux oeuvres est l'emphase qui se dégage de jaune. L'éventail, le spectre des arrangements est beaucoup plus large chez Ferland, on va de la pop au jazz en passant par le psyché, la variété. Certains arrangements rappellent aussi le "attends que le temps te vide" de Manset ou parfois du Polnareff. De plus le chant de Ferland nous fait souvent penser à Brel ou encore Ferré. Mais là où les deux disques se rejoignent, c'est dans les arrangements, l'utilisation des cordes. On a parfois l'impression d'un véritable copier/coller entre les deux. Gainsbourg était un véritable génie pour découvrir/modeler/réarranger ce qui lui plaisait (voir ce qu'il a fait au jazz, au classique) le vulgariser et le rendre accessible à tous. Je reste persuadé, après avoir écouté le jaune, qu'il avait découvert ce disque à sa sortie et avait du se prendre une véritable claque. La ressemblance est telle entre certains morceaux qu'on ne peut que se poser la question de qui a inspiré l'autre. Maintenant l'un est devenu une véritable légende tandis que l'autre goûte à l'anonymat le plus complet. Mais bon, l'ironie dans cette histoire est que ce soit la fille de Gainsbourg qui le remette en lumière. Pourvu qu'il ait maintenant le même destin que le melody. Là c'est beaucoup moins sur.

11:17 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean pierre ferland, gainsbourg, jaune
23.12.2009
23 rousses
Curieux l'amour ou le désintérêt qu'on peut porter à certains albums. Comment l'un peut, au fil des écoutes, se muer en l'autre et réciproquement. Je vous dis ça parce qu'il y a un album que je me réécoute depuis quelques jours et que je réévalue à chaque fois à la hausse. Le 23 de Blonde Redhead. Je vais pas y aller par quatre chemins : il s'agit pour moi d'un des sommets pop de ces dix dernières années. Une sorte de graal quasi-parfait. Pourtant ce ne fut pas évident au départ. Ma première écoute fut catastrophique. Gros, mais alors gros rejet. Hormis 23 que je trouvais excellente, rien dans cet album ne provoqua en moi enthousiasme ou adhésion. Difficile de succéder en effet à un misery is a butterfly de haut vol, de se renouveler après des sommets tels que pink love, the messenger ou encore misery is a butterfly. Ma première réaction sur RYM fut de lui coller un 2. Pas grand chose à sauver pour moi de cette bouillasse sans queue ni tête qu'était 23. Cependant certains arrangements ( SW notamment et ses cuivres beatlesiens en diable, un 23 magnifique, mélange incroyable de Cocteau Twins et My Bloody Valentine), certaines ambiances (une mélancolie collante sur presque tous les morceaux), un goût de reviens-y fortement tenace me fit justement revenir vers la chose. C'est clair, 23 se divise en deux parties : l'une tendance rock qui, je dois l'avouer, m'a fait revenir à cet album et une seconde plutôt orientée dance qui m'a fait fuir à toutes jambes dès la première écoute. Silently et ses basses, sa boîte à rythme cheap, m'ont complétement désorienté. Ça du Blonde Redhead ??? Mais bordel de merde, on va où là ?? Où est le temps où ils nous pondaient un kazuality ou futurism vs passeism ? Un bon rock bien senti qui vous prenait aux tripes et vous donnait l'envie d'envoyer tout promener. Là ça se pépérise, ça pue la maison de retraite, les vieux qui veulent faire du jeunisme à tout prix, bref, ça se R.E.Mise. Voilà ce que j'en pensais donc à ma première écoute. Ainsi qu'à la seconde, idem à la troisième puis, à la quatrième (parce que je suis persévérant parfois ou alors masochiste, à vous de rayer la mention inutile) je commençais à rentrer dedans, à y trouver un goût du risque, une remise en question, une volonté de ne pas faire deux fois la même chose. Je commençais à trouver les compositions assez exceptionnelles, à ne plus pouvoir m'en détacher. Les écoutes suivantes furent, pour tout vous dire, légérement obsessionnelles. A raison de trois ou quatres écoutes par jour pendant 2-3 mois puis, le reste de l'année, une écoute par jour, je crois être en mesure d'affirmer que je me suis usé les tympans dessus. Seuls, cette année là Troum et Fleshpress m'ont plus impressionné que ce 23. Il n'empêche, en matière de pop mélancolique, classieuse, putassière, Blonde Redhead tient la dragée haute à l'autre himalaya qu'est le analogue de A-ha. Soit les deux meilleurs albums pop sortis dans les années 2000.

19:34 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blonde redhead, my bloody valentine, cocteau twins
21.12.2009
Magma
Je vais vous dire un secret : Magma, le groupe français de Christian Vander, j'ai jamais pu y arriver. Ok c'est du secret de pacotille dont vous vous foutez royalement et je vous comprends bien, car je ne dois pas être le seul dans ce cas, mais il n'empêche. J'ai essayé toutes les époques, quelques albums, mekanik destruktiw kommandoh ou encore kohntarkosz voir mekanik kommandoh, je n'ai jamais compris l'engouement pour ce groupe soit disant "culte" et en fait très chiant. Il est vrai qu'entendre une sorte de prog-rock français ou presque par un gars qui a voulu inventer un autre langage fait d'onomatopées, de borborygmes peut franchement rebuter. Quand en plus le gars en question tient aussi à réinventer un vocabulaire musical que lui seul arrivera à comprendre, il y a là de quoi fuir à toutes jambes. Et quand le résultat n'est pas à la hauteur de l'ambition, il y a de quoi avoir des envies de pendaison pour ce leader. Vous allez me dire : pourquoi je parle de Magma si je peux pas les blairer ?? Il se trouve que je viens d'écouter leur dernier album, Ëmëhntëhtt-Ré, et que, à ma grande surprise, je l'apprécie beaucoup. Le principe de base est toujours le même : musique expérimentale, jazz-rock progressif à laquelle viennent se coller des voix qui onomatopent tout ce qu'elles peuvent. Je n'ai pas compté le nombre de oh-hé, hey-oh, mais parfois on se croirait de retour de la mine en compagnie de 7 nains sous acides ou champlards, à vous de choisir. A dire comme ça, c'est rebutant. Seulement là, sur Ëmëhntëhtt-Ré, on sent que pour une fois dans sa carrière, Vander a vraiment eu les moyens de faire ce à quoi il aspirait. En gros tout ce que je vous ai expliqué au-dessus mais là il y a un son, une profondeur, une richesse, un univers qui ne demandait qu'à se développer. Et pour tout dire, c'est limite effrayant. Un univers d'une noirceur qui rejoint par moments ce que peut faire un Danny Elfman sur certaines de ses B.O. Le travail des voix, assez remarquable malgré tout, oscille entre la fascination et le ridicule. Il est vrai qu'on a parfois l'impression d'entendre les choeurs de l'armée rouge (je sais que ça pourrait plaire à Didier Porte ou encore Robert Guédiguian ) ou une choriste de Véronique Sanson mais bon... Cependant, si les voix peuvent laisser à désirer et faire en sorte qu'on n'arrive pas à rentrer dans ce disque, la musique par contre est vraiment excellente. Oscillant entre jazz et rock, certes progressif, elle pourrait être chiante mais la réussite tient au fait qu'elle ne s'éparpille pas, qu'il n'y a aucun verbiage, tout est resséré, tendu, d'une cohérence que je ne leur connaissais pas. Digne parfois de Can voir même d'un Robert Wyatt époque rock bottom (sans la voix atone et magnifique du très très grand Robert), voilà tout compte fait une très belle surprise en cette fin d'année d'un groupe que je n'ai jamais aimé, qui représentait pour moi presque tout ce que je haïssais en musique : à savoir le côté pompeux, prétentieux d'un mec sur de son art qui ne faisait qu'être ridicule (à mes yeux ) qui pourtant sort un album parfaitement maîtrisé avec les moyens qu'il n'avait probablement jamais eu. 
11:31 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : magma, can, robert wyattt
12.12.2009
Au revoir Taha
Le 11 septembre 2009, aux Inrocks :
- Eh Francis.
- Ouais ??
-C'est bien toi qu'on a collé au service world music ??
- Ouais !!! Pourquoi ?
-On a reçu ça aujourd'hui, le disque d'un pote. C'est très mauvais mais faut en faire une chronique positive.
Francis reçoit le disque en question (bonjour de Rachid Taha) découvre la pochette -Taha souriant dans un bel habit rouge sur un fond rose bonbon criard-, le déballe, le pose dans la platine, l'écoute et se pose une question : par quel biais vais-je pouvoir défendre ça ? Francis, pendant l'écoute, regarde les crédits, voit que l'album en question a été produit, écrit en parti, par Gaëtan Roussel de Louise Attaque. Mouais. c'est pas un bon angle d'attaque. Il regarde l'album dans son ensemble, les titres, et une thématique ressort : Taha est amoureux, heureux, bien dans sa peau. Ok, c'est bon, j'ai mon angle d'attaque, nickel. Francis va donc s'entretenir avec Taha sur ses motivations, sur ce changement dans sa vie, l'actualité brûlante (le port du voile de Diam's ce genre), sur le fait qu'il ne se sente plus déraciné. Francis revient à la rédaction avec son article :
-Ca y est les gars, j'ai réussi !!! Réussi à faire comprendre que l'album est excellent sans en parler du tout. Je suis génial !!!
Mou dubitative des autres, puis lecture des autres amis rédacteurs et réaction de l'un d'entre eux :
-Alors là, Francis, chapeau bas. Tu as réussi l'impossible. Faire croire à ceux qui n'ont pas encore jeté une oreille à ce brouet infâme que c'est du grand art. Tu as réussi le plus beau foutage de gueule de l'année. Tu mérites la palme du meilleur rédacteur des inrocks de 2009. Je te le répéte Francis, un foutage de gueule pareil, ça confine au sublime. Maintenant il n'y a plus qu'à y apposer le logo écouté et approuvé. Superbe boulot Francis.
En effet. Le boulot, exécuté par Francis Dordor, est impressionnant . Taha s'est mis en tête de vouloir faire un album lumineux, pop. Il nous a pondu une bouse, un truc indigne de tout ce qu'il a pu faire jusque là. Il est loin le temps de Diwân, made in medina ou même encore tekitoi. Là on croirait qu'Enrico Macias s'est mis en tête de revisiter l'intégral de Britney Spears. Pathétique. L'an dernier il y avait amours suprêmes de Daniel Darc, cette année la palme du pire album de l'année reviendra haut-la-main à bonjour de Rachid Taha. Et celui du pire hebdo se fourvoyant, aux inrocks. Encore une fois.
10:56 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rachid taha, les inrocks
10.12.2009
du catch dans la voix (ou j'ai pas tout compris au titre)
Faut être réaliste : les albums d'électro intéressants il en sort pas des masses. Sérieusement, pour un Troum, Autechre ou encore Plastikman combien doit on se fader de daubes dont les inrocks vont se repaître et nous dire que c'est la meilleure chose qui soit arriver à la musique depuis l'invention du string à bretelles. Hein, combien ?? Je ne compte plus les déceptions à la pelle, parmi les meilleurs trucs du schtroumpf : Air, Cosmo Vitelli, Zend Avesta, Vitalic, ces groupes ayant sortis d'excellents single ( sauf pour Air, nullissimes depuis leur début mais eux c'est épidermique) mais ne tenant absolument pas la route sur la longueur d'un album. Alors quand on tient un bon album d'électro, qui plus est de presque deux heures, ben on tient à le faire savoir. Surtout qu'en plus d'être excellent il a fortement tendance à passer complétement inaperçu. Pourtant entre Boards Of Canada, Gas, Murcof, Autechre, ou encore Plastikman, le a catch in the voice de Jesse Somfay, canadien de son état, tient la dragée haute à toutes ces références. Mélange d'ambient et minimal techno, quelque part entre le music has the right to children de Boards Of Canada et le 1 de Pole, Tangerine Dream voir Vangelis, le jeune Somfay se démerde comme il peut de ces références un rien encombrantes et sort un album qui troue le cul de délicatesse. Et de maîtrise. Double album donc : un premier cd rêveur, délicat, ambient, quelque part entre Biosphere et Porter Ricks , et un second minimaliste, dansant se rapprochant de ce que peut faire un Maurizio ou encore un Plastikman, il y a là de quoi satisfaire tous les appêtits, toutes les envies. La preuve ?? un premier extrait du premier cd, calme, beau. Un second extrait .... beaucoup plus hypnotique, prenant, proche d'un Maurizio. Bonne écoute et bonne découverte.
08:41 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jesse somfay, boards of canada, plastikman
09.12.2009
the final countdown : 2001 la suite tant attendue
C'est en effet une suite qu'on me réclame à corps et à cris. Je prends mon temps, c'est évident, mais quand on ne veut pas décevoir un parterre d'amoureux transis comme ceux que constituent mon lectorat, il est de mon devoir de me sacrifier sur l'autel de la qualité. Je ne vous décevrais point, n'ayez pas peur. Je m'en vais de ce pas vous commenter très rapidement, parce que j'ai pas que ça à foutre non plus, les 5 autres albums qui ont marqué cette année d'une empreinte indélébile,des classiques instantanés, pas évidents de prime abord, mais qui resteront éternellement gravés dans l'histoire de la musique contemporaine. Des chef-d'oeuvres certes oubliés de tous, mais faisant parti de mon moi, de ma chair, de mon sang. La musique est un cri qui vient de l'intérieur disait mon ami poète Philippe Lavil. Je ne puis que confirmer. Bon j'arrête là mes divagations pour me recentrer sur mon sujet. Alors ça va être rapide, je l'ai déjà écrit plus haut : cinq disques, cinq styles différents : tout d'abord le tjukurrpa (part 1 : harmonies) de Troum. Pourquoi ? parce que Troum est un grand groupe de drone/electro/ambient et que ce disque fait parti des sommets de leur carrière. Ensuite filons vers le jazz/experimental de The Necks avec aether, morceau d'une heure ahurissant, tendu comme un string prêt à lâcher. Continuons ensuite avec le folk magnifique de Mark Kozelek et son album de reprises d'AC/DC what's next to the moon. Parce que Kozelek pourrait chanter le bottin que ça resterait magnifique. Il suffit de lui glisser une guitare acoustique entre les pattes pour que la magie opère. Nous arrivons presque au compte avec le slowcore tendu et rachitique produit par Albini de Low et de leur things we lost in the fire. Grand album avant le changement radical et peu opportun opéré sur les albums suivants. Nous terminerons ce tour d'horizon 2001 par un français résumant un peu à lui seul les quatre albums cités précédemment. Le loser magnifique qu'est Christophe qui opérait là un retour en grâce avec un comm' si la terre penchait magnifique, mélange d'expérimentation, de pop, d'électro, d'acoustique, et de tout plein d'autres choses, il fut la surprise française de cette année, un véritable retour gagnant comme aurait dit le grand philosophe cathodique Foucault. En résumé :
-Opeth : blackwater park
-Joe Henry : scars
-Cannibal Ox : the cold vein
-Bardo Pond : dilate
-Gillian Welch : time (the revelator)
-Troum : tjukurrpa (part 1 : harmonies)
-The Necks : aether
-Mark Kozelek : what's next to the moon
-Low : things we lost in the fire
-Christophe : comm' si la terre penchait
sur le banc des remplaçants : Labradford : fixed::context, Lift To Experience : the texas jerusalem crossroads, Star Of The Lid : the tired sounds of, Tinariwen : the radio tisdas session.





09:35 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : troum, the necks, low, christophe, mark kozelek
08.12.2009
les couleurs de la santé.
Aujourd'hui je vais encore faire dans l'originalité, je vais vous surprendre en parlant de ???......... musique, bien sur. Et même d'un album pas hype du tout, un truc que même les inrocks y connaissent pas. Un truc que ben y a personne qui en a parlé jusque là. Le truc en question c'est Health. L'album c'est get color. Après un premier tout pourri, posant les fondements de ce get color, j'aurai franchement pas misé un kopeck sur ce groupe américain. Il est vrai que leur premier album, à part un son déjà impressionnant était chiantissime, sans vraiment de mélodies, un mélange mybloodyvalentinejessusandmarychainien absolument pas original du tout. Alors pourquoi ai-je fini par jeter une oreille à get color ??? réponse toute con : parce que j'ai commencé par get color avant de me plonger dans leur immense discographie. Et j'ai suivi les conseils éclairés de Dam. Bon autant l'avouer, n'écoutez pas les jérémiades que sort le groupe à propos de leur album. "Nous avons voulu faire un album qui sort de l'ordinaire, quelque chose de jamais entendu, patati patata", des trucs à la mord moi le noeud, déjà entendues des milliers de fois partout par n'importe quel groupe voulant se faire connaître. Conneries sur toute la ligne. C'est du déjà entendu : il y a vingt ans My Bloody Valentine sortait ...isn't anything, Jesus & MaryChain psychocandy. Vous prenez les deux, vous en faites un mix, l'adaptez au goût du jour, passez au shaker, secouez bien fort et vous servez : vous obtenez get color. Vous allez vous dire : pourquoi je vous parle alors d'un album qui a l'air tout pourri dans les grandes lignes, d'une hype programmée par les inrocks et autres journaux dits spécialisés ? Réponse simplissime : parce que malgré le côté déjà entendu de la chose, il s'agit là d'un album ahurissant. Les mélodies sont rachitiques, j'en conviens, mais la production est tout bonnement impressionnante. Ca vous saute d'entrée de jeu à la gueule. C'est avant tout, à mes oreilles, un album de producteur qui a su remettre d'anciennes recettes au goût du jour. Imaginez que Phil Spector ait maintenant vingt ans, qu'il adapte son mur du son des sixties aux années 2000, ça vous donne une idée de ce à quoi peut ressembler Health. L'intelligence du groupe aussi est d'avoir sorti ça sous un format pop, court, évitant les longueurs, concentrant au maximum le propos, bref, créant une sorte de mur du son monolithique. 9 morceaux, 33 mns. Pas le temps de se faire chier. En gros, ça passe ou on se casse. Rajoutez à cela 4 morceaux mémorables (die slow, severin, we are water et in violet), une cohérence incroyable et vous obtenez un album qui, malgré la hype l'entourant, tient plus que franchement la route. Fait suffisamment rare pour être souligné. Je sais que je ne suis pas le seul à en avoir parlé (cf Dam et Beach) mais je dois avouer que plus je l'écoute, plus il m'impressionne. Pas mal tout compte fait pour un groupe tête à claques dont l'ambition affichée était de révolutionner la musique actuelle. Ils n'y sont certes pas parvenus mais le résultat est plus qu'honorable. Et quand on voit la marge de progression en un album, on est en droit d'espérer un prochain disque absolument dévastateur. Plus que deux ans à attendre si le groupe ne splitte pas d'ici là.

19:03 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : health, my bloody valentine, jesus & marychain
07.12.2009
the final countdown ... 2001.
Grosse feignasse que je suis, je vais tout de même continuer d'effeuiller les années 2000 consciencieusement. Je vais en profiter pour vous parler de 2001, année terrible s'il en est. Pas de véritables C.O à l'horizon comme en 2000 mais d'excellents disques à vous détruire tous les world trade center du monde et même au-delà. Première déflagration, le blackwater park d'Opeth. Bon encore du métal me direz-vous. Du métal certes mais joué finement, très finement même. Les parties métalliques sont très efficaces comme toujours chez Opeth mais les parties acoustiques sont absolument re-mar-quables. Imaginez le frittering de Mercury Rev adapté au métal, vous obtenez un drapery falls mémorable. Les harmonies Beach Boysienne ou Beatlesienne vous manquent ?? pas de problème, entre deux riffs sismiques Opeth calme le jeu et s'offre des ballades chez ces deux références sans qu'on n'y comprenne quoi que ce soit, ça vous tombe dessus et vous vous dîtes : putain y sont balèzes ces suédois. Bref, excellent album comme toujours chez Opeth et porte d'entrée énorme dans l'univers du métal. Cet album d'Opeth eut pour moi le même impact que le my favorite things de Coltrane pour le jazz. Album suivant : la grande classe. Découvert via Lefort sur inter,qui avait passé le morceau d'ouverture de ce putain d'album, le scar de Joe Henry est ce que j'appelle un concentré de classe ultime. Le mec qui mélange jazz, musique américaine, Sinatra, univers à la Tom Waits avec une légéreté, une gravité aussi, qui rend tout effort de critique caduque. Chapeau. Ensuite, pourquoi pas un peu de rap ??? il est vrai que j'en parle peu, voir pas du tout dans ce blog, mais les grands albums de rap ne sont pas légion en ce moment. Celui-ci, par contre est terrible voir effrayant. Le cold vein de Cannibal Ox est à lui seul une exception dans cet univers. Flippant, intense, claustro, cet album réunit des qualificatifs qui ne vont pas spécialement au rap mais plutôt au rock. C'est probablement l'une des raisons pour laquelle il me plaît autant. C'est rapé certes mais le discours, d'un optimisme forcené, la musique du même tonneau donnent une cohérence au tout, fait qu'on a plus envie de rire, que tout devient politique et que la vie n'est qu'une grosse merde, bref le genre d'album à conseiller à ceux qui n'ont pas réussi à se pendre en 1981 avec ceux de Joy Division. Autrement faisons un peu dans la légéreté. Enfin presque. Disons plutôt : faisons dans la musique de drogués, de camés jusqu'à la moelle, de léthargie neurasthénique, aimons nous les uns dans les autres... bref, écoutons le dilate de Bardo Pond en étant à oilpé, tous ensemble, et tirant une latte énorme sur le shilom. Et partons vers des horizons inconnus, faisons-nous des trips de ouf. Car Bardo Pond , du temps de sa splendeur, avait ses propriétés là : nous faire partir avec des guitares crades, la voix d'Isobel Sollenberger pour des voyages intérieurs peu catholiques. Le groupe depuis a sorti pléthores d'albums plus inintéressants les uns que les autres. Le dernier véritable excellent album qu'ils aient sorti est on the ellipse, qui date de 2005. Autre galette sortie cette année et dont j'ai déjà parlé il y a quelque temps : le magnifique time (the revelator) de Gillian Welch.





09:22 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : opeth, joe henry, cannibl ox, bardo pond, gillian welch
05.12.2009
Paix et amour
Les contes de fée, ça vous dit ? Ca vous gonfle plutôt. Vous n'avez pas tort. Pourtant, ce qu'il vient de se passer avec la réédition du Na Teef Know De Road Of Teef de Pax Nicholas & The Nettey Family en a un goût fort prononcé. En gros, Pax Nicholas, musicien nigérien, a enregistré deux albums dans les années 70. Le premier, mind your own business en 71, le second na teef know de road of teef en 73. Pax Nicholas, pour cet album a utilisé le studio de Ginger Baker au Lagos ainsi que 70 musiciens. Fela, qui n'a pas spécialement apprécié qu'on utilise le studio d'un de ses musicos fut quelque peu furax. A tel point que quand il entendit la galette en question, il trouva le résultat si bon qu'il ne voulut plus en entendre parler. Il déclara : "Qu'on ne me le fasse jamais , jamais, écouter à nouveau. ". Fela était peut-être génial certes mais un con fini sur ce coup là. Moralité, le disque tombe dans les oubliettes pendant près de trente ans. Jusqu'à ce qu'un DJ ( Frank Gossner A.K.A DJ Soulpusher) retrouve une copie du disque chez un disquaire de Berlin et le présente au boss du label Daptone. Qui le réédite en septembre dernier. Et qui a bien raison. Le disque, de l'afrobeat de grande qualité, a de quoi faire pâlir de jalousie le grand Fela. Bon l'énergie, l'intensité déployée par Fela sur ses meilleures galettes n'y est certes pas (quoique) mais la qualité de la musique, le savoir-faire de Pax Nicholas et de ses musiciens emportent l'adhésion sans problème. On finit par avoir des putains de fourmis dans les jambes et quand arrive la 33ème minute du disque , on a qu'une envie : se le remettre en boucle. Grand disque quoi. Et destin peu commun aussi pour Pax Nicholas qui a profité d'un concert sur Berlin en 78 pour fuir le Niger où il avait été torturé dans les geôles; il y vit toujours actuellement (à Berliln pas dans les geôles bande d'imbéciles) . Voilà une bien belle histoire en somme et un putain de bon disque qu'il faut à tout prix écouter.
Lien ci-dessous :
pax-nicholas-and-the-nettey-family-na-teef-know-de-road-o...
21:05 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fela, pax nicholas
02.12.2009
2000 part 2
Donc j'en étais à la moitié de mon top 10 de l'an 2000. Bon je vais pas vous la refaire, je vais continuer direct avec les 5 autres albums que je vous ai promis hier. Ah si, j'oubliais : Mon top des années 2000 sera garanti sans Radiohead. Je sais c'est dur, mais je suis parfois (souvent) impitoyable.
Pour commencer (enfin continuer) que diriez-vous d'une soul classieuse, organique, prenant tout son temps, sensuelle à souhait, lorgnant du côté de Prince, Al Green et d'autres grands noms ?? Vous en rêviez ? D'angelo l'a fait pour vous. Son album, voodoo, est un des meilleurs albums soul sorti ces dix dernières années. Ne vous fiez pas à la pochette, style gros branleur, lover tout en muscle, rien dans le crâne, peu avenante quoi... le contenu est formidable. Rarement soul aura été aussi proche de l'âme, aussi soyeuse. Pourtant ce n'était pas évident au départ. D'angelo l'a fait il y a dix ans presque. On attend toujours la suite. Toujours est il qu'il a posé les fondements de la neo-soul et qu'il a guidé des artistes comme Anthony Hamilton. Autre style, autre groupe maintenant mort pour la pop : le buildings & grounds des Papas Fritas. Là on atteint des sommets de légéreté rarement atteints par d'autres groupes. Une écriture toute en finesse, des hymnes pop à fredonner à tue-tête, un way you walk d'anthologie qui aurait du les propulser vers la gloire et ....pschittt...rien, que dalle. Le groupe se sépare peu de temps après. Un véritable gâchis ma bonne dame. Autrement pour débuter ces années gaiement, Aube sort le premier album d'une série de douze, millennium. Le premier, dont j'ai déjà parlé en d'autres temps, ianuarius, est un album d'ambient formidable, dont le sujet est la flotte. On continue dans l'expérimental avec les maîtres de l'électro Coil qui donnent une suite passionnante à leur non moins passionnant et indispensable music to play in the dark vol 1. Enfin, on mettra un terme à cette excellente année 2000 avec un album d'une douceur exceptionnelle. Pendant magnifique du soft black stars de Current 93, voilà un disque sorti sur le label de David Tibet, dans la droite lignée d'un Antony & The Johnsons. Little window de Baby Dee aurait du avoir la même destinée que celle du I am bird now d'Antony. Même voix sublime, album joué seul au piano, des frissons par paquets de dix, little window connaîtra plus le sort du soft black stars, c'est à dire un disque adulé par une poignée de mélomanes de ma trempe - la grande classe quoi-, plutôt que la joie de la reconnaissance du grand public. Comme je l'ai déjà dit précédemment : monde de merde tiens.
Au total : 10 albums à retenir en 2000 :
Weakling : dead as dreams
U-R-I : the bone tree soundtracks
Etienne Daho : corps et ârmes
Mendelson : quelque part
Red : felk
Aube : millennium: ianuarius
Coil : music to play in the dark vol 2
Baby Dee : little window
D'angelo : voodoo
Papas Fritas : buildings & grounds
sur le banc des remplaçants : Fluxion : vibrant forms II, Third Eye Foundation : little lost soul, Grandaddy : the software slump, Paysage D'hiver.




17:04 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : d'angelo, coil, papas fritas, aube, baby dee





