14.04.2009
après le reggae...
Bon ben pour ceux que ça défrise (suivez mon regard ) je continuerai ce jour à défendre le reggae et notamment le dub. Car si hier je vous ai parlé de l'album des Congos et du producteur de génie qu'est Lee Perry et de comment grâce à lui j'ai pu m'ouvrir au reggae, aujourd'hui je parlerai de ma découverte du dub par un duo berlinois exceptionnel. Lue dans le fin fond des critiques de magic!, entre une critique de Massive Attack ou Elliott Smith, celle-ci titille ma curiosité. Elle parle d'un groupe berlinois qui ferait du reggae avec des machines mais qui serait aussi bon que de l'organique. Curieux, je garde la critique quelque part dans le coin de mon ciboulot. Quelques mois plus tard, je tombe dessus par hasard et me retrouve devant ledit objet qui, je dois l'avouer, une fois entre mes mains, m'intrigue encore plus. Il s'agit d'une photo de Tikiman à moitié floue, et l'objet est en carton, dans la matière des boîtes à oeufs. Je retourne l'objet pour découvrir les titres et là je vois qu'un sur deux se nomme version. Me voila encore plus intrigué (parce qu'en 98, ne connaissant ni le dub et étant très con, je me demandais bien ce que pouvaient être ces versions). Donc je l'achète, le déballe, pose le cd dans la platine et là, je monte le son et me prends une baffe énorme. . Comment vous expliquer ? Rhythm & Sound, c'est d'entrée de jeu un son. Profond, très travaillé, en suspension. C'est simple, sans fioritures, ça va à l'essentiel, c'est à dire le plexus, le diaphragme et les tripes. Et à l'occasion aux oreilles. Des échos, une basse, un rythme, des synthés. Fait par n'importe quel tâcheron vous vous retrouvez face à une bouse. Là non : c'est mystique, profond. Ca renouvelle le reggae de fond en comble, ça le dépoussière en lui enlevant tous ses oripeaux, ne laissant plus apparaître que la structure, l'os. C'est complétement électro, synthétique et pourtant bien plus humain que la plupart des productions de reggae sorties à cette époque. En 98, Berlin supplantait Kingston et devenait la nouvelle capitale du reggae. En déterrant une vieille gloire du reggae en la personne de Paul St Hilaire aka Tikiman, Rhythm & Sound lui redonne ses lettres de noblesse, renouvelle l'intérêt et lui ouvre de nouveaux horizons. Ces deux fous de reggae ont, depuis multiplié les sorties de vieilles gloires avec de compilations aussi indispensables que Wackies, les labels avec burial mix, basic channel, brouillé les pistes, donné aucune interview, pour qu'on ne s'intéresse qu'à leur musique. Bref Moritz Von Ostwald aka Maurizio et Mark Ernestus sont pour moi de véritables héros qui ont toujours oeuvré pour faire avancer le reggae. Ecoutez what a mistry tiré de l'album showcase et vous me direz que ce que vous en pensez.

PS : sinon pour les versions, c'est à chaque fois le morceau précédent remixé en dub. Enfin je dis ça, je dis rien hein ?!!
20:52 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : reggae, rhythm & sound, elliott smith, massive attack
13.04.2009
le reggae....
....ben moi, j'aime beaucoup. Je ne sais pas pour vous mais j'adore ce rythme indolent, qui ne se prend pas la tête, qui vous donne une envie furieuse de rien glander. Mais je dois avouer que jusqu'à plus de vingt piges je ne portais pas ce courant musical dans mon coeur loin de là. Bon en entrant en Fac, je connaissais un peu Bob Marley, comme tout le monde, mais rien de plus. Je m'étais acheté la compile 4 cds songs of freedom, que j'aimais beaucoup. Mais c'était le seul lien que je pouvais avoir avec ça. C'est le pote d'un pote, à qui j'avais filé des cassettes pour qu'il m'enregistre ce qu'il voulait du moment que je puisse découvrir, qui m'ouvrit les portes du reggae. Entre le live at sin-é de Buckley et je ne sais plus quoi d'autre, je découvrais, interloqué, le heart of congos des Congos. La première écoute m'intrigua, bien évidemment, la seconde j'en parle pas et ensuite je crois que c'est la seule cassette de ma vie que j'ai vraiment du user jusqu'au bout. Comment dire... je découvrais une spiritualité, une profondeur, un sens de l'expérimentation que je ne connaissais pas ailleurs. Je pouvais entrer en transe sans être obligé de consommer quoi que ce soit, je trouvais ça formidable. Sans rire, quand on entend des titres comme congoman, sodom & gomorrow ou ark of covenant, 30 ans après on est sidéré par la beauté, le magnétisme qui s'en dégage, on reste hypnotisé par ces basses énormes. La production de Lee perry, les voix de Cedric Myton et Ashanti Roy, d'une complémentarité étonnante entre ce falsetto et cette voix de tenor, les compositions géniales, cette gravité, font de heart of congos un classique qui transcende tous les genres et une porte d'entrée immense pour découvrir le reggae. Quand vous vous dîtes qu'il existe des albums de cette trempe dans ce genre, vous n'avez plus qu'une envie : plonger dans le courant pour y ressortir d'autres pépites. Et là, quand on commence à s'intéresser au reggae roots, on découvre que le meilleur du roots, dans les années 70, est lié à un nom: Lee "Scratch" Perry. Et là, à ce moment précis, dès qu'on s'y intéresse, on sait qu'on est foutu. On se rend compte que Lee Perry est le plus grand producteur au monde, qu'il a produit ce qui s'est fait de meilleur : Junior Murvin, Max Roméo, Mickey Dread, Bob Marley, Junior Byles,qu'il est de connivence avec Yabby You, Augustus Pablo. Qu'il fait parti du groupe The Upsetters, a non seulement produit mais composé aussi des classiques : super ape, roat fish, collie weed & corn bread entre autre. Bref, Lee Perry, c'est tentaculaire. S'intéresser à lui c'est s'ouvrir à un monde qu'on aurait jamais pu s'imaginer . Car Perry, c'est certes le roots mais sans lui et ses collaborations avec Mad Professor, King Tubby, King Jammy par exemple, le dub n'aurait jamais autant progressé. Il est une page importante, énorme du reggae, je ne peux que vous inviter à y plonger, la descente sera longue (sa discographie est impressionnante, entre ses disques, ceux qu'il a produits, ceux avec qui il a collaboré, il y a au bas mot plus d'une centaine de disques) mais absolument passionnante.
Comme conseils je peux vous donner quelques noms d'albums comme les Congos, Junior Murvin "police & thieves", Max Roméo "war ina babylon" et aussi et surtout la formidable compilation arkology regroupant un nombre de pépites incalculables.
21:08 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : reggae, lee perry, max romeo, junior murvin, the congos
02.04.2009
sergent pepper
quand le soleil est de retour, quoi de plus sympa que de se remettre un petit disque de reggae, dub ??

En tout cas, c'est ce que j'ai fait ces derniers temps avec le nouvel album très réussi de easy star all star. Le principe de Easy Star est simple : reprendre des classiques du rock et les remettre à la sauce reggae. C'est parfois très réussi comme avec le dub side of the moon de devinez qui mais ça peut être franchement mauvais comme avec le ok computer. Cette fois-ci c'est au tour des Beatles de se faire croquer le portrait avec le mythique sergent pepper lonely heart club band. et là c'est une vraie réussite. Il faut dire qu'ils ont mis les moyens de leur côté : quand on voit la liste des guest, ça laisse rêveur. La crème du roots s'est réunie : Luciano, les Mighty Diamonds, Max Romeo, Sugar Minott, on peut guère faire mieux. Manque plus que Lee Perry à la production et là ce serait parfait. On rajoutera par là-dessus un matériau d'une maléabilité et d'une richesse telle que la réussite ne pouvait qu'être au rendez-vous. De plus, certains morceaux se prêtent particulièrement bien à cette relecture : fixing a hole ou when i'm sixty-four. A croire que c'est Max Romeo ou Sugar Minott qui les ont créé, la relecture dub fait preuve d'une imagination hors-pair et nous entraîne bien au-delà de ce que pouvait faire les originaux. Que dire aussi du within without you ?? la copulation entre la jamaïque et l'Inde est à prescrire d'urgence.sitar et dub n'ont jamais fait aussi bon ménage. Rajoutez en sus une ligne de basse pompée sur le "isloation" de Joy Division est vous aurez une idée assez proche de ma définition du nirvana.
Bref, si vous voulez ensoleiller votre journée, n'hésitez pas: un bon dub, un bon spliff, les doigts de pieds en éventail dans une chaise longue et le tour est joué.
10:39 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : easy star all star, reggae, beatles





